Un partenariat grandissant au Nouveau-Brunswick mobilise des jeunes pour lutter contre la criminalité juvénile

Un organisme du Nouveau-Brunswick vise à lutter contre la criminalité juvénile en établissant de vastes partenariats locaux et en mettant en œuvre des programmes et des mesures de soutien ciblés pour les jeunes à risque. Baptisé Partners for Youth, l’organisme a été fondé en 1994 par James Ross, un ancien sénateur et philanthrope bien connu, dont la vision du développement des jeunes au moyen d’aventures en plein air anime toujours l’organisme.

Au départ, Partners for Youth mettait exclusivement l’accent sur des groupes du premier cycle du secondaire et sur des voyages de camping pour des jeunes de 10 à 15 ans ayant des démêlés avec la justice. Aujourd’hui, l’organisme offre un vaste éventail de programmes, dont plusieurs en collaboration avec des écoles et des organismes locaux. Un investissement du Fonds du système de justice pour les jeunes du ministère fédéral de la Justice en 2006 a joué un grand rôle dans la croissance de l’organisme, selon John Sharpe, le dirigeant actuel de Partners for Youth.

« Même si notre intervention au premier cycle du secondaire et dans les camps était relativement fructueuse, nous savions que nous pourrions faire beaucoup plus pour aider des jeunes ayant des démêlés avec la justice et d’autres jeunes à risque », affirme Sharpe. « Le Fonds du système de justice pour les jeunes nous a aidés à organiser une série de consultations afin de déterminer comment nous pourrions aller au cœur du problème de la criminalité juvénile, en nous attaquant à ses causes profondes et à ses facteurs déterminants. »  

Consultations communautaires

John Sharpe a consacré une grande partie de sa vie aux jeunes à risque : sa carrière comprend deux décennies à travailler dans des établissements résidentiels pour les jeunes (notamment des foyers de groupe). Au lancement de Partners for Youth, Sharpe a organisé et animé des séances de consultation - qu’il décrit comme des sommets - à Fredericton et dans le comté de Charlotte qui englobe les localités de Stephen, St. Andrews, St. George et Grand Manan Island. Parmi les participants on retrouvait des jeunes de même que des représentants d’écoles et de maisons des jeunes locales, de la GRC et de groupes communautaires ainsi que du Club des garçons et filles et de la société John Howard.

Les discussions ont porté sur les services, programmes et installations disponibles pour les jeunes et sur la façon dont tous les partenaires pourraient collaborer pour le bénéfice des jeunes à risque. Les sujets comprenaient le soutien et la supervision des jeunes en liberté sous caution, la façon d’établir des liens entre le système d’administration de la justice et les services compétents pour les jeunes à risque ainsi que sur les problèmes émergents en matière de justice pour les jeunes.

« Une grande partie du Nouveau-Brunswick est constituée de régions rurales et la province compte de nombreuses petites collectivités isolées », souligne John Sharpe. « Bien souvent, les habitants d’une municipalité ne connaissent pas les services disponibles 50 ou 70 kilomètres plus loin. Nous avons donc réuni tous les intervenants et créé un plan d’action. »

Le plan d’action a déclenché un grand mouvement de collaboration entre différents organismes et le nombre de programmes destinés aux jeunes s’est rapidement multiplié. Aujourd’hui, Partners for Youth offre des programmes axés sur l’emploi, la prévention de la violence, les sans-abri, la littératie financière et la prévention de la toxicomanie ainsi que des activités saines comme la voile et les sports récréatifs.

Un programme de leadership basé sur les camps de plein air de Partners for Youth fait partie des premières nouveautés. Lancé en 2007, le programme fonctionne sans interruption depuis. Il comporte un voyage de plein air éducatif de 7 à 10 jours dans une région éloignée de la province pour au plus 10 jeunes et quatre intervenants. Il y a quatre voyages par an au cours desquels les participants font de la randonnée, du canot, de l’escalade et de l’observation de la faune. Des conseillers travaillent avec les jeunes en petits groupes pour les aider à améliorer leur estime de soi, à établir des relations positives et à acquérir des habiletés d’adaptation. Selon John Sharpe, le programme est fondé sur la même philosophie et sur les mêmes valeurs thérapeutiques de l’aventure en plein air que les camps originaux en plein air.

« Les camps en plein air sont essentiellement destinés aux enfants du premier cycle du secondaire, c’est-à-dire entre 11 et 14 ans », dit-il. « Et même si ces camps étaient couronnés de succès, nous pouvions voir que de nombreux participants étaient encore à risque et que nous devrions élargir le programme. Désormais, Partners for Youth peut faire partie de la vie d’un jeune sur une période de neuf ans. »

Aider les jeunes à risque

Des programmes de l’organisme sont destinés aux jeunes peu susceptibles d’adhérer à d’autres groupes organisés pour différentes raisons. Bon nombre d’entre eux ont eu des démêlés avec la justice et la plupart d’entre eux ont de la difficulté à se mêler à leurs pairs, à entretenir des relations saines et à assumer la responsabilité de leurs actes. Bon nombre d’entre eux fuient la participation et l’engagement et ils sont soumis aux pressions de leurs pairs.

De l’avis de Rich Woolin, l’actuel directeur de la liaison et ancien directeur de camp de Partners for Youth, « les camps enseignent aux jeunes les habiletés dont ils ont besoin pour se débrouiller ». Woolin a étudié l’enseignement en plein air en Angleterre, son pays d’origine, et il a enseigné le sujet au New Brunswick Community College.

« Au cours d’un voyage de camping, les jeunes apprennent à compter sur eux-mêmes », dit Woolin. « Ils travaillent aussi en groupe pour planifier et préparer les repas et pour installer et démanteler les campements. Au fil du temps, ils apprennent à s’entendre avec les autres. »

Apprentissage basé sur l’aventure

Les camps d’été sont plutôt populaires : l’organisme accueille en tout environ 150 jeunes par été et organise jusqu’à 15 camps par an. Partners for Youth exécute aussi des programmes basés sur l’aventure au cours de l’année scolaire, dans les locaux de l’école. Actuellement, 22 écoles secondaires du premier cycle et plus 250 jeunes participent directement à leur école au programme qui dure toute l’année.

Debbie Lord est consciente de l’importance de veiller à ce que les jeunes aient accès à des activités saines comme celles qu’offre Partners for Youth. Deux de ses quatre enfants ont été des campeurs de Partners for Youth; Lord travaille maintenant au St. Andrews Community Youth Centre. Le Centre propose des systèmes de jeux électroniques, un gymnase, un studio d’arts et une cuisine et il offre un mélange de programmes structurés et non structurés.

Lord est d’avis que « chaque municipalité devrait avoir un centre comme celui-là. Le Centre et Partners for Youth initient les jeunes à une partie de ce que la vie a à offrir. Cela les aide à éviter les difficultés ».

Partners for Youth continue d’élaborer et de mettre en œuvre de nouveaux programmes, par exemple un centre d’apprentissage agricole local et un réseau destiné aux jeunes qui sont ou ont été pris en charge par la province. Le soutien financier provient d’un nombre grandissant de donateurs, de fondations et de sociétés privés et des gouvernements fédéral et provincial.

« Nous avons à cœur d’aider le plus grand nombre possible de jeunes », dit John Sharpe. « C’est ce qui caractérise les collectivités. »

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