Le Rapport du Comité de la justice de la Chambre des communes
révélait un important consensus du public en ce qui a
trait au besoin d’instituer une nouvelle procédure de
nomination des juges
à la Cour suprême du Canada visant à assurer une
transparence et une ouverture accrues au sein des nominations, ainsi
qu’une participation élargie du Parlement et du public
dans le processus.
Bien que l’objectif demeure une réforme durable, la situation
actuelle requiert la mise en place d’une procédure provisoire
qui permettra de combler les deux sièges vacants actuels à temps
pour que la Cour suprême puisse reprendre avec un effectif complet,
le 4 octobre 2004, ses séances d’automne.
Cela ne remplacera en rien les travaux du Parlement pour une réforme
à plus long terme. Le Comité de la justice de la Chambre
des communes a déjà fait un important travail sur cette
question, et l’expérience de même que les idées
qui résulteront de la procédure provisoire se révéleront
précieuses dans l’élaboration de recommandations
en vue d’une réforme à plus long terme. Le Comité de
la justice sera prié d’entreprendre cette tâche à la
reprise des travaux du Parlement.
Principes devant s’appliquer à la procédure provisoire
- Pour combler les deux sièges vacants actuels de la Cour
suprême, une procédure provisoire est nécessaire.
Il faudra pour cela qu’un comité spécial examine
les deux candidatures.
- Le comité spécial examinera les candidatures proposées avant que
ne soient faites les nominations.
- La procédure appliquée reconnaîtra le principe
selon lequel le pouvoir de nommer les juges de la Cour suprême
est dévolu par la Constitution au gouverneur en conseil, et
il est entendu que le rôle du comité spécial
sera par conséquent consultatif.
- Bien que le comité comptera des parlementaires, ce ne sera
pas un comité parlementaire. Il sera donc soumis à des
règles spéciales de procédure, exposées
ci-après, qui ont
été élaborées expressément en
vue de cet exercice.
- Le ministre de la Justice comparaîtra devant le comité
spécial aux fins suivantes :
- décrire au comité l’étendue et
la nature de la procédure employée pour choisir
les candidats; et
- présenter au comité les renseignements recueillis
sur les compétences et les qualités personnelles
des candidats.
- Le comité spécial se composera principalement de
députés. Il comprendra aussi des représentants
non-parlementaires du Barreau du Haut-Canada et du Conseil canadien
de la magistrature.
- L’audience du comité sera la plus accessible et transparente
possible, tout en respectant l’intégrité du processus.
- La procédure du comité spécial devra se dérouler
aussi rapidement que possible. Le comité devra expédier
son processus et ses délibérations afin de faire en
sorte que les candidats puissent entrer en fonction à temps
pour la reprise des séances de la Cour suprême le 4
octobre 2004.
Règles de procédure du comité spécial intérimaire
Composition et logistique
- Le comité spécial intérimaire sera formé de :
- 7 membres du Parlement :
- 3 députés du parti ministériel (incluant
le président)
- 2 députés du Parti conservateur
- 1 député du Bloc Québécois
- 1 député du Nouveau Parti Démocratique
- 2 membres non-parlementaires :
- 1 représentant du Conseil canadien de la magistrature
- 1 représentant du Barreau du Haut-Canada.
- Les membres non-parlementaires seront choisis par leur organisation
respective.
- Le comité sera soutenu par les employés de la Chambre
des communes (tel qu’il en est du Comité intérimaire
de députés chargés de l’étude d’un
comité de sécurité nationale).
Échéancier
- Vu l’urgence de combler les sièges vacants existants,
la séance du comité spécial aura lieu le mercredi
25 août 2004 et ce dernier présentera son rapport sur
les candidats proposés au Premier ministre au plus tard le
vendredi 27 août à 14 h 00, heure normale de l’Est.
Étapes préparatoires
- Afin de permettre aux membres du comité spécial
de se préparer — en plus de préserver la confidentialité
— les noms des candidats et leurs renseignements biographiques
seront remis aux membres du comité, le mardi 24 août
2004, à 9 h 00, heure normale de l’Est.
- Peu après, le ministre de la Justice communiquera les noms
des candidats et leurs renseignements biographiques au public. Au
même moment, le ministre de la Justice fera également
connaître le nom des membres du comité spécial
et les règles que ce dernier suivra.
- Plus tard dans la même journée, le sous-ministre
de la Justice et autres hauts fonctionnaires tiendront une séance
d’information anticipée avec les membres du comité.
Déroulement des audiences
- L’audience débutera par un exposé d’environ
30 minutes du ministre de la Justice sur les deux candidats, exposé qui
sera suivi d’une première série de huit minutes
de questions par membre, suivie d’une deuxième série
de quatre minutes de questions par membre. Le comité pourrait,
par voie de requête, arriver à une entente pour modifier
ce format. L’audience se terminera par une brève déclaration
du ministre de la Justice.
- L’audience sera publique et diffusée à la
télévision. Cependant, le comité pourrait décider,
par voie de requête, de procéder à huis clos afin
de préserver l’intégrité du processus
(par respect pour la vie privée et la dignité des candidats).
Présentation du ministre de la Justice
- Puisque l’un des objectifs de l’audience est d’accroître
le niveau de compréhension et de confiance du public en ce
qui a trait à la Cour suprême du Canada et aux membres
qui la composent, le ministre de la Justice fournira des renseignements
concernant la portée et la nature de la procédure employée
pour choisir les candidats, et indiquera ce que sont leurs compétences
ainsi que leurs qualités personnelles. Le ministre donnera
un aperçu général de ces aspects, sous réserve
des limites requises par la confidentialité. Les membres du
comité
pourraient demander davantage d’explications, afin d’accroître
le niveau d’information, de confiance et de compréhension
du public.
- De façon plus spécifique, la présentation
du ministre de la Justice portera sur les aspects suivants :
- les consultations qu’il a engagées;
- les renseignements écrits qu’il a examinés;
et
- les recherches personnelles complémentaires qu’il
a effectuées.
- Le ministre de la Justice précisera les capacités
professionnelles et les attributs personnels des candidats qui seront à
l’origine de ses recommandations, eu égard en particulier à
ce qui suit :
- en ce qui a trait aux capacités professionnelles :
capacité intellectuelle, capacité de rédaction,
ouverture d’esprit, fermeté, diligence, aptitude à
coopérer, sensibilité aux questions raciales, à
l’égalité entre les sexes et autres thèmes
semblables, connaissance des deux langues, expertise propre aux
besoins
éventuels de la Cour; et
- en ce qui a trait aux attributs personnels : honnêteté,
intégrité, franchise, patience, courtoisie, tact,
humilité, impartialité et bon sens.
- Les membres du comité auront la possibilité de poser
des questions au ministre à propos de ces aspects.
- Aucun témoin ne sera convoqué pour ce processus
intérimaire, à l’exception du ministre de la
Justice.
Rapport du comité spécial
- Le comité spécial fera connaître ses vues
grâce
à un rapport écrit. Le rapport résumera les
considérations du comité et fera état des vues
divergentes, sans nommer leurs auteurs. Le rapport sera rendu public.
- Le comité donnera son avis quant à la nomination
des candidats proposés, pour l’examen du Premier ministre
pour le vendredi 27 août 2004, 14 h 00, heure normale de l’Est.
- Le comité pourrait, au même moment ou encore le plus
rapidement possible, également donner son avis sur le processus
propre au comité spécial intérimaire et ses
conséquences pour des réformes à long terme,
pour examen par le Comité de la justice cet automne.
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