La traite des personnes constitue une forme moderne d'esclavage, qui comprend le recrutement, le transport ou l'hébergement de victimes à des fins d'exploitation sexuelle ou autre, à l'échelle internationale et nationale. Habituellement, les victimes sont trompées ou forcées de travailler dans l'industrie du sexe ou d'effectuer d’autres formes de travail forcé. Elles subissent de la violence physique, sexuelle et émotionnelle, notamment des menaces de violence ou des préjudices réels qui sont aggravés par leurs conditions de vie et de travail.
Les Nations Unies estiment que plus de 700 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, sont victimes de la traite dans le monde chaque année, et que celle-ci produit des revenus annuels frôlant les 10 milliards de dollars (US) à l’échelle mondiale.
On confond souvent la traite des personnes avec le passage clandestin de migrants. Le passage clandestin de migrants comporte le déplacement illégal de personnes outre frontières. Les victimes de la traite deviennent captives tandis que les migrants clandestins sont libres lorsqu'ils arrivent à destination.
Les modifications proposées créeraient trois nouvelles infractions criminelles visant spécifiquement la traite des personnes. La principale infraction, la traite des personnes, interdirait à quiconque de participer à des actes précis afin d'exploiter une personne ou de faciliter son exploitation et serait passible d'une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité lorsqu'elle comprendrait l'enlèvement, des voies de fait graves ou une agression sexuelle grave ou qu'elle entraînerait la mort de la victime.
La deuxième infraction interdirait à quiconque de tirer un avantage financier ou tout autre avantage matériel de la perpétration d'une infraction de traite des personnes. Cette infraction entraînerait une peine maximale de dix ans d'emprisonnement.
Une troisième infraction interdirait à quiconque de conserver ou de détruire des documents comme les pièces d'identité ou les documents de voyage de la victime, pour commettre ou faciliter une infraction de traite des personnes, et entraînerait une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.
L'exploitation des victimes est au cœur de la traite des personnes. Par conséquent, les nouvelles infractions proposées viseraient directement l'exploitation. En vertu de ces nouvelles infractions, l'exploitation serait définie comme le fait d'obliger une personne à travailler ou à fournir des services – par exemple de nature sexuelle – en adoptant un comportement qui amène la victime à craindre pour sa sécurité ou pour celle d'un proche si elle ne se soumet pas aux exigences formulées. Cette définition s'appliquerait également au recours à la force, à la coercition ou à la tromperie en vue de prélever des organes ou des tissus humains.
Les modifications au Code criminel sont un élément clé du travail continu que le gouvernement du Canada fait pour lutter contre la traite des personnes. Voici quelques exemples des mesures déjà prises pour lutter contre la traite des personnes :
En février 2004, le Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes (GTI) a reçu le mandat de coordonner et d'améliorer les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour lutter contre la traite des personnes et d'élaborer une stratégie fédérale. Le GTI examine les lois, les politiques et les programmes fédéraux qui pourraient avoir une incidence sur la traite des personnes en vue de déterminer les pratiques exemplaires ainsi que les domaines où l'on devrait apporter d'autres améliorations.
Les réformes proposées au Code criminel constituent une première étape de cette stratégie fédérale de lutte contre la traite. Le Canada reconnaît que la traite des personnes est un problème mondial et, conformément aux normes internationales, se concentre sur les objectifs clés reconnus à l'échelle internationale : la prévention de la traite des personnes, la protection des victimes et la poursuite des trafiquants. Les réformes proposées aideront le Canada à atteindre ces objectifs.
Pour obtenir plus d'information
Site du ministère de la Justice sur la traite des personnes
http://canada.justice.gc.ca/fra/sv-fs/ht/index.html
http://canada.justice.gc.ca/eng/fs-sv/ht/index.html
La version électronique du projet de loi est affichée à l'adresse suivante : www.parl.gc.ca.
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