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Guide de traitement des victimes d'actes criminels : Application de la recherche à la pratique clinique

10.0 Notions de base - victimes du terrorisme

  • Les terroristes adoptent un comportement criminel violent pour atteindre des objectifs politiques en exerçant une pression sur les décideurs et la société (Ganor [2004]). En s’en prenant aux dirigeants politiques et aux membres de la société, les terroristes propagent la peur dans la société pour attirer l’attention sur leur cause politique (Danieli, Brom et Sills [2004).
  • Le terrorisme frappe au cœur de la vision d’un monde sûr et prévisible (Davidowitz-Farkas et Hutchison-Hall [2005]).
  • Les victimes du terrorisme comprennent :
    • les victimes directes : les personnes tuées ou qui sont des témoins directs de l’attentat;
    • les victimes directes que sont les spécialistes ou les
    • bénévoles : les personnes qui sont sur les lieux de l’attentat terroriste pour remplir leurs fonctions ou à titre de bénévoles;
    • les victimes indirectes : les membres de la famille, les amis, les collègues, etc. de la victime directe. Les victimes directes ont souvent recours à ce groupe pour obtenir du soutien;
    • les victimes de la société : les personnes de la société qui sont touchées par l’attentat;
    • les victimes revictimisées : les personnes qui ont été déjà victimes d’un attentat terroriste, mais qui sont de nouveau traumatisées par un nouvel attentat ou le signalement d’un attentat déjoué.
  • Il semble n’y avoir aucune étude comparant directement les victimes du terrorisme aux victimes d’autres actes criminels.
  • Les réactions aux traumatismes ne sont pas prévisibles; chaque personne est différente (Silver et coll. [2004]).
  • Beaucoup de victimes du terrorisme peuvent ressentir une détresse initiale (Lahad [2005]; Schlenger [2004]), mais n’éprouvent pas par la suite de problèmes psychologiques graves (Fredrickson et coll. [2003]; Friedman [2005]; Galili-Weisstub et Benarroch [2004]).
  • Les problèmes dont les intervenants doivent être à l’affût chez leurs clients sont le syndrome de stress post-traumatique et le stress aigu (Office for Victims of Crime [2005]), le deuil compliqué (Pivar et Prigerson [2004]), la colère (Lebel et Ronel [2005]), la dépression (Miller et Heldring[2004]) et le sentiment de culpabilité du survivant.
  • Les victimes qui ont été prises en otage peuvent se sentir résignées, désespérées, hébétées et en état de choc, elles craignent d’être tuées ou torturées et elles ont des idées et des sentiments déformés (Hillman [1983]) et elles peuvent également développer le syndrome de Stockholm. Le syndrome de Stockholm est un sentiment de confiance, parfois même de sympathie, que développe une victime de prise d’otages envers ses ravisseurs (Wilson [2003]).
  • Les enfants victimes du terrorisme éprouvent bon nombre des mêmes problèmes que les adultes, mais la réaction des fournisseurs de soins et le niveau de développement jouent un grand rôle. Les fournisseurs de soins servent non seulement de modèle en ce qui concerne la manière de faire face émotivement à la victimisation, mais ils aident aussi l’enfant à mieux maîtriser ses réactions.
  • Les intervenants doivent déterminer si les victimes ont besoin d’une intervention d’urgence, d’un soutien psychologique à court terme, de renseignements, de soutien dans leur recherche de la signification ou de counseling en matière de deuil.
  • La recherche de la signification consiste à permettre à la victime de raconter son histoire tout en exprimant ouvertement ses sentiments.
  • Les intervenants doivent également connaître les antécédents en matière de traumatisme, car un traumatisme antérieur peut aggraver les réactions à l’événement le plus récent.
  • Les intervenants doivent aider les victimes à déterminer leurs points forts qui les aident à faire face à leur réaction et être à l’affût de la croissance post-traumatique, dans le cadre de laquelle la personne s’améliore parce qu’elle réussit à surmonter le traumatisme de l’attentat.
  • Les intervenants peuvent devoir prodiguer des conseils et de l’aide au réseau de soutien de la victime.
  • Les intervenants doivent se rappeler que les habitudes d’autothérapie sont encore plus importantes en raison de l’atmosphère d’urgence initiale et des besoins ultérieurs en matière de services (Waizer et coll. [2004]).
  • Les intervenants doivent accorder une attention particulière à leurs points de vue personnels sur l’attentat terroriste ainsi qu’au plan d’action et à la réaction des autres gouvernements, car ces points de vue peuvent influer sur leur travail.
  • Les intervenants doivent être à l’affût de la traumatisation vicariante, des pensées et des images envahissantes et des signes selon lesquels ils passent beaucoup de temps à penser aux épreuves de la victime.
  • Les intervenants doivent s’adapter à la « nouvelle normalité » (Danieli et coll. [2004]).