Toutes les victimes d’actes criminels éprouvent une certaine détresse (Norris et coll. [1997]). Les recherches montrent que la violence qui accompagne l’acte criminel rend plus grave la réaction des victimes et qu’environ 50 p. 100 des victimes d’un crime avec violence éprouvent un sentiment de détresse allant de modérée à grave (Norris et coll. [1997]).
Les victimes d’agression sexuelle ont des réactions plus graves et il leur faut plus de temps pour se remettre, comparativement aux victimes d’agression non sexuelle (Gilboa-Schechtman et Foa [2001]).
Les intervenants doivent être prudents quand ils forment des groupes réunissant des clients ayant des réactions graves et d’autres qui ont des réactions plus faibles. La comparaison sociale (se sentir mieux ou pire) avec les autres membres du groupe peut nuire au traitement si elle n’est pas correctement encadrée (Greenberg et Ruback [1992]). Pour le bien de leurs clients, les intervenants doivent s’efforcer d’adapter le mieux possible les traitements aux besoins individuels des premiers (voir le tableau 2).
Niveau des besoins |
Description |
Options possibles en matière de service |
|---|---|---|
Faible |
La victime se rétablit bien; elle éprouve peu de symptômes, qu’elle maîtrise facilement grâce à ses habiletés d’adaptation naturelles et à son réseau de soutien social. Il se peut que le crime n’ait pas été grave ou que la victime dispose de plusieurs moyens d’adaptation. |
Services élémentaires : information, documentation écrite, brochures sur les types de soutiens disponibles et renseignements sur les signes de problèmes plus graves. Ces services peuvent aussi être utiles aux victimes qui ne croient pas avoir de problèmes, mais qui s’efforcent de cacher leur douleur. Ces documents écrits pourraient être remis aux personnes du réseau de soutien de la victime. |
Moyen |
La victime éprouve quelques symptômes et doit améliorer ses habiletés d’adaptation ou a besoin de partager des émotions trop accablantes. Généralement, ces victimes se rétablissent bien, mais sont très éprouvées par la victimisation. |
Groupes d’entraide dirigés par d’autres victimes, soutien fourni par des bénévoles et du personnel paraprofessionnel. La victime peut avoir besoin des services d’un spécialiste, mais seulement pour une courte période. |
Élevé |
La victime éprouve de nombreux symptômes et ses habiletés d’adaptation sont médiocres. Elle est dépassée par les conséquences de la victimisation et ses soutiens sont peu nombreux. Elle a pu subir un traumatisme grave. Elle souffre probablement de problèmes multiples et a pu subir plusieurs actes criminels. |
La victime a besoin d’une thérapie dirigée par un spécialiste, comme une thérapie individuelle ou de groupe de longue durée. L’hospitalisation peut même être nécessaire pour stabiliser son état. |
Des chercheurs ont montré que la victimisation antérieure était un prédicteur très significatif de la victimisation subséquente (Byrne et coll. [1999]; Messman et Long [1996]; Norris et coll. [1997]; Nishith et coll. [2000]). Les victimes qui ont eu une mauvaise réaction à la suite d’un traumatisme antérieur sont susceptibles d’avoir une mauvaise réaction à un nouvel incident (Brunet et coll. [2001]).