Le soutien social est très important pour bien des victimes qui
s’efforcent de donner un sens à leur victimisation (Greenberg
et Ruback [1992]; Leymann et Lindell, [1992]; Norris et coll. [1997]).
Aux yeux des victimes, le soutien de leur famille et de leurs amis est
plus utile que le soutien des spécialistes (Leymann et Lindell [1992]).
Les victimes ont besoin de savoir qu’elles peuvent trouver de l’aide,
même si elles n’y ont pas recours (Norris et coll. [1997]; Ozer
et coll. [2003]).
Les soutiens peuvent être une source importante d’information
(Hagemann [1992]).
Une stratégie d’adaptation fondée sur l’émotion
peut réduire la détresse (Green et Diaz [2007 et 2008]).
Les aidants professionnels peuvent jouer un rôle important quand
la famille et les amis sont dépassés (Mikulincer et coll. [1993];
Nolen-Hoeksema et Davis [1999]).
Stratégie d’adaptation négative : évitement
L’évitement, que ce soit au moyen de la drogue, du déni,
de la dissociation ou en fuyant certains lieux, est une façon habituelle
pour les victimes de tenter de surmonter les émotions éprouvantes
(Bromberg, [2003]; Everly et coll., [2000]; Hagemann [1992]; Mezy [1988];
Thompson [2000]; Wolkenstein et Sterman [1998]).
Même si l’évitement peut aider la victime à surmonter
sa détresse initiale (Hagemann [1992]; Harvey et Bryant [2002]; Ullman
[1999]), il est associé à des problèmes à long
terme (Bromberg [2003]; Halligan et coll. [2003]; Ozer et coll. [2003]; Ullman
[1999]).
L’évitement par la consommation d’alcool ou de drogue
peut altérer la capacité de prendre des décisions judicieuses
et de résoudre des problèmes, ce qui constitue des obstacles
encore plus grands au rétablissement de la victime.
Résilience, autoefficacité et croissance post-traumatique
La résilience a trait à la capacité d’une personne
de maintenir un équilibre malgré les difficultés (Bonanno
[2004]).
La résilience est courante (Bonanno [2004]; Westphal et Bonanno
[2007]).
L’autoefficacité a trait à la croyance d’une
personne selon laquelle elle a les outils et les ressources nécessaires
pour faire face à un défi ou à une tâche
(Bandura [1997]).
L’autoefficacité est la fusion de l’estime de soi et
de la certitude que l’on peut exercer une influence sur son milieu.
Un degré élevé d’autoefficacité peut
réduire le risque qu’une victime éprouve une réaction
négative à un traumatisme (Thompson et coll. [2002]).
L’autoefficacité peut exercer une influence sur le choix
d’une stratégie d’adaptation en incitant l’individu à opter
pour la stratégie qui lui semble avoir le plus de chances de succès
(Bandura [1997]).
Les thérapies fructueuses comportent des éléments
axés sur le développement de l’autoefficacité comme
moyen de venir en aide aux victimes (Nishith et coll. [2002]; Resick et coll.
[2002]).
La croissance post-traumatique a trait aux situations où une personne
qui est éprouvée par un traumatisme apprend de nouvelles stratégies
d’adaptation ou acquiert un nouveau point de vue en faisant face au
problème. Il importe de noter que la croissance post-traumatique ne
signifie pas que le fait de subir un traumatisme constitue une expérience
positive dans la vie de ces personnes.
La croissance post-traumatique peut être considérée
comme la façon dont une personne se voit (force personnelle, nouvelles
possibilités), établit des relations avec les autres et définit
sa philosophie de la vie (appréciation; spiritualité) (Calhoun
et Tedeschi [2006]).
Les caractéristiques associées à la résilience
et à la croissance sont :
l’endurance, l’autonomie et la confiance en soi (Bonanno
[2004]; Bondy et coll. [2007]; Haskett et coll. [2006]; Williams [2007]);
l’identité personnelle positive;
la capacité d’adaptation (Bonanno [2005]; Tugade et Fredrickson
[2007]);
un point de vue positif (Bondy et coll. [2007]; Williams [2007]);
être une négationniste – personnes qui ont tendance à éviter
les idées, les émotions et les souvenirs négatifs
(Bonanno [2004]);
avoir des émotions complexes et les maîtriser (Coifman
et coll. [2007]; Haskett et coll. [2006]);
avoir des émotions positives (Bonanno [2004 et 2005]; Fredrickson
[1998]; Tugade et Fredrickson [2007]);
avoir un soutien social (Bonanno [2005]; Gewirtz et Edleson [2007];
Haskett et coll. [2006]; Sun et Hui [2007]; Williams [2007]);
aptitude sociale (Bondy et coll. [2007]; Gewirtz et Edleson [2007];
Haskett et coll. [2006]);
aptitudes cognitives (Bondy et coll. [2007]; Gewirtz et Edleson [2007];
Haskett et coll. [2006]; Williams [2007].
Les personnes exceptionnellement résilientes peuvent rater cette
possibilité de croissance, car elles ne sont pas, par définition, ébranlées
par le crime (Pat-Horenczyk et Brom [2007]; Tedeschi et Calhoun [2004]).