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Guide de traitement des victimes d'actes criminels : Application de la recherche à la pratique clinique

4.0 Notions de base - les stratégies d’adaptation des victimes

Stratégies d’adaptation

  • Quand la vie d’une personne est bouleversée par un acte criminel, elle recourt aux moyens qui lui semblent les meilleurs pour se remettre.
  • Les stratégies d’adaptation sont positives ou négatives. Les stratégies négatives peuvent empirer la situation d’une victime (Dempsey [2002]).
  • Le tableau 3 présente une liste des stratégies d’adaptation souvent utilisées par les victimes.

Tableau 3 – Stratégies d’adaptation habituelles

Stratégies positives
  • Recherche d’information
  • Autocomparaison et mise en évidence des éléments positifs de la victimisation
  • Comparaison sociale
  • Activités visant à reprendre sa situation personnelle en main
  • Activisme
  • Prendre du temps pour se rétablir
  • Adaptation axée sur l’émotion
  • Obtention d’un soutien
Stratégies négatives
  • Évitement des souvenirs du crime
  • Déni et automystification
  • Dissociation
  • Remémoration obsessionnelle du crime
  • Automutilation

Références mises à jour

Stratégie d’adaptation positive : soutien social

  • Le soutien social est très important pour bien des victimes qui s’efforcent de donner un sens à leur victimisation (Greenberg et Ruback [1992]; Leymann et Lindell, [1992]; Norris et coll. [1997]).
  • Aux yeux des victimes, le soutien de leur famille et de leurs amis est plus utile que le soutien des spécialistes (Leymann et Lindell [1992]).
  • Les victimes ont besoin de savoir qu’elles peuvent trouver de l’aide, même si elles n’y ont pas recours (Norris et coll. [1997]; Ozer et coll. [2003]).
  • Les soutiens peuvent être une source importante d’information (Hagemann [1992]).
  • Une stratégie d’adaptation fondée sur l’émotion peut réduire la détresse (Green et Diaz [2007 et 2008]).
  • Les aidants professionnels peuvent jouer un rôle important quand la famille et les amis sont dépassés (Mikulincer et coll. [1993]; Nolen-Hoeksema et Davis [1999]).

Stratégie d’adaptation négative : évitement

  • L’évitement, que ce soit au moyen de la drogue, du déni, de la dissociation ou en fuyant certains lieux, est une façon habituelle pour les victimes de tenter de surmonter les émotions éprouvantes (Bromberg, [2003]; Everly et coll., [2000]; Hagemann [1992]; Mezy [1988]; Thompson [2000]; Wolkenstein et Sterman [1998]).
  • Même si l’évitement peut aider la victime à surmonter sa détresse initiale (Hagemann [1992]; Harvey et Bryant [2002]; Ullman [1999]), il est associé à des problèmes à long terme (Bromberg [2003]; Halligan et coll. [2003]; Ozer et coll. [2003]; Ullman [1999]).
  • L’évitement par la consommation d’alcool ou de drogue peut altérer la capacité de prendre des décisions judicieuses et de résoudre des problèmes, ce qui constitue des obstacles encore plus grands au rétablissement de la victime.

Résilience, autoefficacité et croissance post-traumatique

  • La résilience a trait à la capacité d’une personne de maintenir un équilibre malgré les difficultés (Bonanno [2004]).
  • La résilience est courante (Bonanno [2004]; Westphal et Bonanno [2007]).
  • L’autoefficacité a trait à la croyance d’une personne selon laquelle elle a les outils et les ressources nécessaires pour faire face à un défi ou à une tâche (Bandura [1997]).
  • L’autoefficacité est la fusion de l’estime de soi et de la certitude que l’on peut exercer une influence sur son milieu.
  • Un degré élevé d’autoefficacité peut réduire le risque qu’une victime éprouve une réaction négative à un traumatisme (Thompson et coll. [2002]).
  • L’autoefficacité peut exercer une influence sur le choix d’une stratégie d’adaptation en incitant l’individu à opter pour la stratégie qui lui semble avoir le plus de chances de succès (Bandura [1997]).
  • Les thérapies fructueuses comportent des éléments axés sur le développement de l’autoefficacité comme moyen de venir en aide aux victimes (Nishith et coll. [2002]; Resick et coll. [2002]).
  • La croissance post-traumatique a trait aux situations où une personne qui est éprouvée par un traumatisme apprend de nouvelles stratégies d’adaptation ou acquiert un nouveau point de vue en faisant face au problème. Il importe de noter que la croissance post-traumatique ne signifie pas que le fait de subir un traumatisme constitue une expérience positive dans la vie de ces personnes.
  • La croissance post-traumatique peut être considérée comme la façon dont une personne se voit (force personnelle, nouvelles possibilités), établit des relations avec les autres et définit sa philosophie de la vie (appréciation; spiritualité) (Calhoun et Tedeschi [2006]).
  • Les caractéristiques associées à la résilience et à la croissance sont :
    1. l’endurance, l’autonomie et la confiance en soi (Bonanno [2004]; Bondy et coll. [2007]; Haskett et coll. [2006]; Williams [2007]);
    2. l’identité personnelle positive;
    3. la capacité d’adaptation (Bonanno [2005]; Tugade et Fredrickson [2007]);
    4. un point de vue positif (Bondy et coll. [2007]; Williams [2007]);
    5. être une négationniste – personnes qui ont tendance à éviter les idées, les émotions et les souvenirs négatifs (Bonanno [2004]);
    6. avoir des émotions complexes et les maîtriser (Coifman et coll. [2007]; Haskett et coll. [2006]);
    7. avoir des émotions positives (Bonanno [2004 et 2005]; Fredrickson [1998]; Tugade et Fredrickson [2007]);
    8. avoir un soutien social (Bonanno [2005]; Gewirtz et Edleson [2007]; Haskett et coll. [2006]; Sun et Hui [2007]; Williams [2007]);
    9. aptitude sociale (Bondy et coll. [2007]; Gewirtz et Edleson [2007]; Haskett et coll. [2006]);
    10. aptitudes cognitives (Bondy et coll. [2007]; Gewirtz et Edleson [2007]; Haskett et coll. [2006]; Williams [2007].
  • Les personnes exceptionnellement résilientes peuvent rater cette possibilité de croissance, car elles ne sont pas, par définition, ébranlées par le crime (Pat-Horenczyk et Brom [2007]; Tedeschi et Calhoun [2004]).