Dans leur tentative de changement, les gens passent par différentes étapes : la précontemplation (l’individu n’a pas l’intention de changer parce qu’il ne croit pas avoir un problème), la contemplation (l’individu est conscient d’avoir un problème et envisage sérieusement de changer), la préparation (l’individu prévoit passer
bientôt à l’action), l’action (l’individu s’efforce vraiment de changer) et le maintien (l’individu persévère après
avoir changé) (Prochaska et coll. [1992]).
Un individu peut se trouver principalement à une étape donnée, mais évoluer en même temps à toutes les autres étapes (Prochaska et coll. [1992]). Ainsi, une victime peut reconnaître qu’elle a un problème découlant de la victimisation et souhaiter suivre une thérapie pour soigner sa dépression ou son anxiété (action). Elle peut cependant refuser de discuter du crime lui-même, en affirmant que celui-ci n’est aucunement lié à son état dépressif (précontemplation). Elle pourrait ensuite abandonner sa thérapie, tout en continuant de reconnaître qu’elle a besoin d’aide (contemplation).
Les individus qui estiment n’avoir aucun problème (précontemplatifs) considèrent que le traitement aggrave leur détresse et qu’ils font moins de progrès, et ils sont plus susceptibles d’abandonner prématurément leur thérapie (Smith et coll. [1995]).
Le changement le plus important se produit quand le sujet passe de l’étape de la précontemplation aux trois étapes suivantes (Rosen [2000]).
Pour éviter lui-même d’être frustré et pour mieux aider la victime, l’intervenant doit déterminer à quel stade cette dernière se trouve et choisir le type d’intervention qui convient le mieux.
Les précontemplatifs devraient se livrer à des activités de « conscientisation » (lecture, ouvrages sur l’autothérapie, participation à des séances d’information). De telles activités aident les victimes à mieux connaître leurs réactions éventuelles et les avantages qu’elles peuvent retirer d’une thérapie (Prochaska et coll. [1994]).
Il existe aussi d’autres moyens de motiver les victimes : constater les effets sur elles-mêmes et sur les autres, éprouver et exprimer leurs émotions et suivre l’évolution des normes sociales concernant la victimisation et la demande d’aide (Rosen [2000]).
Les intervenant peuvent aider les victimes à se préparer au terme de leur thérapie en leur enseignant des habitudes de vie saines, en les mettant en garde contre les signes précurseurs d’une régression et en leur montrant comment surveiller leur propre comportement et pratiquer d’autres activités quotidiennes qui les aideront à contrôler leur propre vie. Dans une thérapie, il faut souvent consacrer du temps à l’exercice et à la maîtrise de ces compétences.
Pour aider les victimes, les intervenants pourront aussi leur montrer comment informer leurs aidants naturels (famille, amis, etc.)