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Guide de traitement des victimes d'actes criminels : Application de la recherche à la pratique clinique

9.0 Notions de base - victimes de la haine et de crimes haineux

  • Un crime haineux est une « infraction criminelle motivée par la haine de la race, de l’origine nationale ou ethnique, de la langue, de la couleur, de la religion, du sexe, de l’âge, de la déficience mentale ou physique, de l’orientation sexuelle ou d’autres facteurs semblables ». (Définition du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, version 2.2).
  • Les intervenants qui aident les victimes devraient se concentrer sur la façon dont la victime définit le crime, et non uniquement sur les définitions juridiques.
  • Les crimes haineux créent des « vagues de préjudices », qui touchent la victime, sa famille, le groupe auquel elle s’identifie et la société en général.
  • Les intervenants devraient être conscients de l’importance de la perception qu’ont les victimes de leur communauté et de leur identité personnelle et culturelle et de la façon dont ils ont fait face et se sont adaptés aux préjugés dans la société.
  • Il serait utile que les intervenants puissent évaluer les soutiens dont peut se prévaloir la victime dans la société et si elle a de bons modèles d’adaptation.
  • Bon nombre des victimes de crimes haineux ne signalent pas le crime aux autorités. Les intervenants peuvent faire face à cette réticence lorsqu’ils traitent les victimes de crimes haineux.
  • Souvent, les victimes de crimes haineux :
    • se sentent moins en sécurité (Boeckmann et Turpin-Petrosino [2002]; Garnetts et coll. [1990]; Janoff [2005]; Staub [1996]);
    • voient le monde comme étant moins ordonné et ayant moins de sens (Garnetts et coll. [1990]);
    • ont une plus faible estime de soi (Dunbar [2006]; Garnetts et coll. [1990]; Mock [1995]; Janoff [2005]);
    • se sentent moins efficaces (Staub [1996]);
    • ont des problèmes dans leurs relations personnelles (Janoff [2005]; Staub [1996]);
    • se sentent coupables et se blâment (Dunbar [2006]; Wertheimer [1990]);
    • remettent en question leur capacité de se protéger (Staub [1996]);
    • ont l’impression de ne pas pouvoir atteindre leurs objectifs dans la vie (Staub [1996]);
    • éprouvent de la colère envers la société dominante (Herek et coll. [1997]; Janoff [2005]; Staub [1996]);
    • sont dépressives (Herek et coll. [1997]; Janoff [2005]);
    • souffrent d’anxiété ou de stress post-traumatique (Garnetts et coll. [1990]; Herek et coll. [1997]; Janoff [2005]);
    • ont des maux de tête et des cauchemars, pleurent, sont agitées et nerveuses et maigrissent (Garnetts et coll. [1990]; Janoff [2005]);
    • consomment plus d’alcool et d'autres drogues (Janoff [2005]).
  • Comparativement aux autres victimes, les victimes de crimes haineux sont plus susceptibles :
    • de subir des agressions brutales (Janoff [2005]; Willis [2004]) – et sont presque trois fois plus susceptibles de subir des blessures graves (Messner et coll. [2004]);
    • de signaler une plus grande détresse (Herek et coll. [1997]; Herek et coll. [1999]; McDevitt et coll. [2001]; Mjoseth [1998]);
    • de déclarer des niveaux de crainte plus élevés (Craig- Henderson et Sloan [2003]; Herek et coll. [2002]; McDevitt et coll. [2001]);
    • de signaler des niveaux plus élevés de dépression, d’anxiété, de colère et de symptômes du SSPT (Herek et coll. [1997]; McDevitt et coll. [2001]) – même si d’autres chercheurs n’ont constaté aucune différence entre les deux groupes en ce qui concerne la dépression (Rose et Mechanic [2002]);
    • de considérer les autres comme dangereux (Herek et coll. [1997]; Herek et coll. [1999]);
    • de considérer le monde comme peu sûr (Herek et coll. [1999]; McDevitt et coll. [2001]);
    • de considérer leur risque de victimisation future comme étant plus élevé qu’auparavant (Herek et coll. [1997]);
    • de manifester un niveau relativement faible de maîtrise personnelle (Herek et coll. [1999]);
    • de considérer les échecs personnels comme étant attribuables aux préjugés (Herek et coll. [1999]);
    • d’indiquer qu’il est « très difficile » de se remettre de l’incident (McDevitt et coll. [2001]);
    • de signaler que l’incident a une incidence importante
    • de déclarer avoir plus de pensées envahissantes au sujet de l’incident et de ne plus vouloir vivre plus longtemps (McDevitt et coll. [2001);
    • de perdre leur emploi (McDevitt et coll. [2001]);
    • de signaler d’importants problèmes de santé (McDevitt et coll. [2001]).

Les intervenants devraient examiner leurs préjugés et leurs limites personnelles lorsqu’ils traitent les victimes de crimes haineux. Sont-ils capables d’offrir un milieu ouvert à la victime pour l’aider à remonter la pente?

Les intervenants devraient utiliser Internet pour trouver des ressources qui se rapportent au groupe auquel s’identifie leur client et à leurs problèmes.