Le ministère de la Justice du Canada travaille en vue de réduire l'incidence de la violence familiale au Canada. Apprendre plus...
Au Canada, le droit de la famille est un domaine de compétence partagée. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) collaborent pour améliorer le système de justice familiale partout au pays. C’est pourquoi ils ont récemment examiné ensemble diverses questions relatives à la garde et au droit de visite, notamment l’observation des dispositions sur le droit de visite qui figurent dans les ententes et dans les ordonnances judiciaires.
Dans le cadre de ce processus, les gouvernements FPT se sont penchés sur certaines conclusions récentes dans le domaine complexe de l’observation du droit de visite et sur différents modèles et approches utilisés avec succès au Canada et ailleurs pour traiter les difficultés liées au droit de visite. Ils ont choisi une définition large des difficultés en matière de droit de visite, notamment le refus du droit de visite, le défaut d’exercer le droit de visite et l’entrave à l’exercice de ce droit, ce qui a mené à la formulation de recommandations qui touchent les quatre domaines suivants :
Ces recommandations illustrent une préférence à l’égard d'une approche diversifiée quant au problème de l’observation du droit de visite. Comme l’a expliqué le Comité sur le droit de la famille dans son rapport de 2002 intitulé L’enfant d’abord! :
Les questions relatives à l’exécution des droits de garde et de visite créent un réseau complexe de besoins physiques, psychologiques et émotionnels pour les parents et les enfants. Il faut soutenir les parents en les amenant à comprendre que les besoins de l’enfant sont primordiaux et que, en tant que parents, ils sont responsables d’assurer son bien-être émotionnel, psychologique et financier dans la mesure du possible.
Les gouvernements FPT sont d’avis que la résolution des problèmes relatifs au droit de visite au moyen d’un modèle adjudicatif et adversatif ne permet pas vraiment de réduire les conflits et d’améliorer la communication et la coopération parentales, des facteurs clés pour en arriver à des ententes parentales raisonnables et respectées des deux parents. C’est pourquoi le système de justice familiale doit fournir de façon continue des outils, des renseignements et des approches axés sur la coopération des parents afin qu’il soit possible de parvenir à des solutions pratiques et souples. D’un autre côté, il faut reconnaître que certains cas ne peuvent se régler qu’à l’aide du système judiciaire.
En ce qui concerne les programmes, les services et les processus, les recommandations FPT sont les suivantes :
Les mesures juridiques qui existent au Canada et ailleurs relativement à l’observation du droit de visite ont été examinées. Ces mesures comprennent, par exemple, l’outrage au tribunal, l’arrestation sur ordonnance du tribunal, l’exigence de confier l’enfant au bénéficiaire du droit de visite et l’imposition d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement. Le modèle adjudicatif et adversatif ne devrait servir qu’en cas de besoin. Toutefois, le système de justice familiale doit établir un équilibre entre les solutions offertes par les services et les programmes et les solutions juridiques. D’un point de vue pratique, l’existence de mesures juridiques et la possibilité d’une ordonnance judiciaire incitent les parents à respecter l’ordonnance ou l’entente. Les mesures juridiques d’exécution des ordonnances en matière de droit de visite peuvent aussi envoyer un message symbolique et formateur. Certains parents ont peut-être besoin qu’on leur rappelle que le refus du droit de visite et le défaut de l’exercer sont des problèmes graves pour lesquels il existe des solutions juridiques. En ce qui concerne les mesures juridiques, les recommandations formulées sont les suivantes :
Le troisième domaine examiné a trait aux façons d’aborder les problèmes liés au droit de visite lorsque plus d’une province ou d’un territoire est concerné. Par exemple, plusieurs provinces et territoires ont adopté la Uniform Custody and Access Jurisdiction and Enforcement Act en tout ou en partie. Il s’agit d’une loi qui fait en sorte que le bénéficiaire d’une ordonnance extra-provinciale puisse faire reconnaître et faire exécuter cette ordonnance dans la province ou le territoire où il se trouve.
Une autre approche importante étudiée est celle de la Convention de La Haye de 1996 concernant la compétence, la loi applicable, la reconnaissance, l'exécution et la coopération en matière de responsabilité parentale et de mesures de protection des enfants, à laquelle le Canada envisage de devenir partie. Les implications de l’approche décrite dans la Convention de La Haye de 1996 font actuellement l’objet d’une analyse; de plus, on examine la façon dont le modèle pourrait servir dans le cadre des questions interprovinciales. La recommandation relativement à l’observation du droit de visite d’une province ou d’un territoire à l’autre est la suivante :
Pour traiter le problème de l’observation du droit de visite, d’autres recherches doivent être menées pour nous permettre de bien comprendre toutes les dimensions de ce problème complexe. C’est pourquoi les gouvernements FPT collaborent en vue de définir les recherches requises pour appuyer les avancées en matière de politiques et de programmes dans le domaine du droit de visite après une séparation ou un divorce et de proposer des projets de recherche précis en vue de combler les lacunes. Par exemple, de la recherche doit être faite pour que l’on puisse comprendre davantage l’ampleur du problème, les causes du refus du droit de visite et du défaut de l’exercer, les mesures utilisées pour traiter le problème et l’efficacité de ces mesures. Une recommandation au sujet des recherches futures est la suivante :