Série sur le règlement des conflits
Guide pratique 2
Préparé par les Services de prévention et de règlement des différends
Ministère de la Justice (Canada)
Juin 1995
Mise à jour juillet 2006
La médiation peut être définie simplement comme une négociation entre des parties en cause, aidées par un tiers impartial. Bien que le médiateur n'ait pas le pouvoir d'imposer un règlement, sa présence a une incidence sur la dynamique de la négociation et contribue souvent à en arriver à un règlement final. L'Association du Barreau canadien définit la médiation comme « l'intervention dans un litige ou dans le processus de négociation d'un tiers neutre et impartial qui sans pouvoir décisionnel, peut quand même aider les parties en litige à s'entendre pour arriver à un règlement mutuel acceptable des questions en litige »
. [1]
Une médiation réussie conduit à la signature d'une convention ou d'un contrat qui stipule la conduite future des parties; ce document est souvent appelé « protocole d'entente »
. Il a valeur de contrat et, une fois signé, il revêt un caractère obligatoire.
La médiation est :
Bien menée, la médiation peut permettre à toutes les parties en cause de dépasser des notions juridiques comme la culpabilité et l'innocence, pour davantage mettre en commun les perceptions et expériences et déterminer les besoins et intérêts réels de chacune des parties, contribuant souvent par là beaucoup plus que l'audience officielle au règlement effectif de l'origine réelle ou perçue du conflit.
Pendant la médiation, tant les parties que le médiateur ont certaines responsabilités. Elles doivent assister, comme il est exigé, à toutes les séances de médiation et participer au processus de bonne foi. Le médiateur doit demeurer impartial et éviter de prendre partie pour un camp ou pour l'autre. En outre, sur consentement exprès, toutes les déclarations et divulgations faites, ainsi que les renseignements et documents fournis au médiateur sont confidentiels, sous réserve de l'application de la Loi sur l'accès à l'information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels.
Bien que le processus effectif de médiation puisse varier selon la fermeté des positions adoptées, la personnalité des personnes en cause et la complexité des questions, à la base, toutes les médiations réussies comportent cinq éléments obligatoires :
Ces tâches peuvent être étendues à douze étapes fondamentales [4] qu'il faudrait toutes franchir pour que la médiation réussisse :
Le rôle du médiateur dépend des personnalités en cause, du mandat qui lui est donné par les parties et des émotions exprimées à la médiation, autrement dit le médiateur peut être totalement neutre et impartial, ou il peut jouer un rôle plus actif dans l'issue éventuelle. Ce dernier serait plutôt un conseiller. Quelles que soient les techniques utilisées par le médiateur pour aider les parties à aboutir à une solution, celui-ci n'a pas le pouvoir de rendre une décision.
Dans plusieurs cas, le médiateur peut tenter ce qui suit :
Le rôle des conseillers juridiques dans une médiation dépend de la volonté de leurs clients à leur donner des pouvoirs. Les parties en cause doivent déterminer, dès le début d'une médiation, si les conseillers juridiques doivent être présents à la séance de médiation et s'ils peuvent y participer activement. En général, les conseillers juridiques peuvent agir à titre de conseillers juridiques auprès de leurs clients, et ils devraient le faire, que ce soit pendant une médiation ou à la fin d'un tel processus. Les conseillers juridiques peuvent examiner un projet d'accord, et ils devraient le faire, afin de déterminer s'il correspond à l'intérêt de leur client. La présence des conseillers juridiques pendant la médiation peut aider à désamorcer les déséquilibres de force. Dans certains cas, lorsque les émotions sont exceptionnellement fortes, les conseillers juridiques peuvent représenter leurs clients à une séance de médiation. Une telle représentation constitue, du point de vue éthique et professionnel, une obligation très lourde pour les conseillers juridiques qui doivent communiquer avec leurs clients, comprendre leur perspective, défendre leurs intérêts et veiller à ce que le processus de médiation réponde à leurs besoins.
Quoi qu'il en soit, les conseillers juridiques devraient dire à leurs clients quelle est la meilleure manière de présenter leur point de vue. La gestuelle appropriée est très importante. Par exemple, une présence forte, mais non antagoniste sous-entend les éléments suivants : faire face à la personne qui parle; garder un contact visuel qui soit acceptable; se pencher en avant pour écouter; maintenir le même niveau vocal; garder une position ouverte et détendue, les mains ouvertes et une certaine distance de l'autre partie en cause.
Les conseillers juridiques devraient aussi évaluer les réactions de leurs clients et proposer une pause au besoin ou, au cours d'une pause dans la médiation, passer en revue leurs observations avec leurs clients. Les conseillers juridiques sont très bien placés pour agir comme des observateurs objectifs et non passionnés pendant une médiation et pour conseiller leurs clients sur la manière dont la procédure évolue. Les conseillers juridiques peuvent aider à désamorcer la colère de leurs clients en veillant à ce qu'ils sauvent la face et en normalisant les émotions, si ce n'est la conduite. De plus, en cas d'impasse, les conseillers juridiques peuvent rappeler à leurs clients que la situation n'est pas pour autant perdue mais seulement qu'il peut s'avérer nécessaire de considérer une solution de compromis pour cette question particulière.
Le médiateur est chargé de veiller à ce que tout déséquilibre de pouvoir ne compromette pas la médiation. En plus d'utiliser les conseillers juridiques comme représentants, comme il est prévu à la section III(E), il existe deux autres méthodes efficaces pour réduire tout déséquilibre de pouvoir : la réunion en groupe et la co-médiation. La réunion en groupe peut servir lorsqu'il se produit une impasse pendant la médiation qui menace la possibilité d'un règlement. La réunion en groupe consiste pour le médiateur à tenir des rencontres distinctes avec chaque partie en cause pour déterminer la cause du blocage et faire des suggestions sur la manière de la dépasser.
La co-médiation est potentiellement un moyen très puissant de résoudre les questions de déséquilibre de pouvoir. Cette variante de la médiation impose la présence de deux ou plusieurs médiateurs qui participent de façon égale à la procédure; ainsi, les parties qui se perçoivent comme plus faibles peuvent se sentir plus à l'aise dans la procédure de médiation. Par exemple, la co-médiation devant un médiateur et une médiatrice peut aider à désamorcer l'impression d'un déséquilibre de pouvoir dans les causes de harcèlements.
CONVENTION DE MÉDIATION faite en date du 20
ENTRE :
- et -
Les parties souhaitent régler par médiation les questions en litige entre elles, conformément aux modalités suivantes :
[Option] Les parties conviennent de choisir ensemble un médiateur. Si elles ne peuvent convenir du choix du médiateur dans les jours de la date de la signature de la présente convention, [option a.] une requête sera présentée à la cour pour choisir un médiateur. [ou option b.] un médiateur sera choisi par [insérer le nom de l'organisation / du centre / de l'association professionelle en matière de RC].
i)ii)iii)iv)
SIGNÉ à Ottawa le 20 .
TÉMOIN DE :
TÉMOIN DE :
Je, , soussigné, consent à agir à titre de médiateur, conformément à la convention qui précède.