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l'Initiative de lutte contre la violence familiale

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Maltraitance physique

Lena est assise dans la salle d'urgence de l'hôpital avec une travailleuse sociale et un interprète. Elle ne dit rien. Elle essaie de faire disparaître le sentiment de panique qu'elle ressent. Son bras cassé pend à son côté. « Vous devriez le signaler, vous savez? » lui dit la travailleuse sociale. Lena s'agite soudainement : « Non. Pas de police! dit-elle avec un regain d'énergie. Il doit y avoir une autre façon ». Elle se met à trembler. La mention de la police lui rappelle de terrifiants souvenirs des soldats qui sont venus dans sa ville natale — des souvenirs de mort et de disparition, de viols brutaux et de torture. Lena et son époux, George, sont venus s'installer au Canada dans l'espoir de laisser ces souvenirs derrière eux. Cependant, au contraire, l'écho de cette période difficile revient les hanter alors qu'ils tentent de commencer une nouvelle vie. Surtout George, qui est de mauvaise humeur et qui a de la difficulté à s'entendre avec les autres. En raison de ses hauts et de ses bas, il a de la difficulté à conserver un emploi. Sa frustration se transformait souvent en colère lorsque Lena lui disait d'arrêter d'être méchant avec elle. Il a commencé à la frapper à l'occasion. La voisine de Lena a remarqué les bleus et lui a dit qu'elle devait partir. « C'est juste une période difficile pour George », avait-elle répondu. Cependant, cette fois-ci, quand elle a vu le bras cassé de Lena, sa voisine a insisté pour l'amener à l'hôpital. « Tu dois obtenir de l'aide. Ça ira de mal en pis », lui a-t-elle dit en appelant le taxi. C'est à cela que Lena pense dans la chambre d'hôpital. Elle se tourne lentement vers la travailleuse sociale et lui dit : « Mon époux et moi avons tellement surmonté d'épreuves. Qu'est-ce que je peux faire pour qu'il arrête d'agir ainsi? » La travailleuse sociale met sa main sur l'épaule en bon état de Lena et lui dit, avec l'aide de l'interprète : « Nous pouvons trouver quelqu'un qui vous comprend et qui peut vous aider. »

À quoi ressemble la maltraitance physique?

La maltraitance ou la violence physique, y compris les voies de fait*, c'est le fait d'utiliser de façon délibérée la force contre une personne sans son consentement*. Elle peut causer des douleurs physiques ou des blessures qui peuvent être permanentes. Voici quelques formes de maltraitance physique :

  • pousser ou bousculer;
  • frapper, gifler ou donner des coups de pied;
  • pincer ou donner des coups de poing;
  • étrangler;
  • blesser à l'aide d'un couteau;
  • blesser à l'aide d'une arme à feu;
  • lancer des objets sur quelqu'un;
  • causer des brûlures;
  • retenir quelqu'un pendant que quelqu'un d'autre l'agresse;
  • enfermer quelqu'un dans une pièce ou l'attacher;
  • tuer quelqu'un.

Au Canada, tous ces actes sont des crimes.

La police prend les cas de maltraitance physique très au sérieux. Si l'agresseur est reconnu coupable de vous avoir maltraité, les conséquences peuvent être très graves. Vous pouvez déclarer un cas de maltraitance physique à la police en tout temps, même longtemps après les faits. Mais il est préférable de le déclarer le plus rapidement possible.

Si un enfant est victime de maltraitance physique à la maison, les services de protection de l'enfance peuvent intervenir et retirer l'enfant aux parents.

Violence liée au soi-disant honneur

On parle de violence liée au soi-disant honneur quand des membres d'une famille utilisent la violence pour protéger l'honneur familial. La victime est habituellement de sexe féminin et a eu, selon sa famille, un comportement qui suscite la honte ou le déshonneur. Par exemple, la famille peut ne pas approuver les actes suivants :

  • fréquenter des garçons ou leur parler;
  • avoir des rapports sexuels sans être mariée;
  • porter des vêtements que la famille juge inappropriés;
  • refuser un mariage forcé.

Les membres de la famille croient que l'utilisation de la violence va rétablir la réputation de la famille. Ils peuvent utiliser différentes formes de violence, par exemple :

  • les coups;
  • la séquestration;
  • les menaces;
  • l'incitation au suicide;
  • le meurtre.

Ces actes sont des crimes.

Si vous connaissez quelqu'un qui craint pour sa sécurité en raison de l'honneur familial, appelez la police.

Mariage forcé

Nathalie se penche vers l'avant, la tête entre les mains. Elle a l'impression d'être dans un mauvais rêve. « Tu trembles », dit doucement sa meilleure amie, Christine. Elle avait été tellement reconnaissante quand Christine avait répondu au téléphone et avait accepté de la rencontrer au parc. Nathalie a décidé de tout lui dire : ses parents ont arrangé un mariage avec un homme dans leur pays d'origine. Ils s'attendent à ce qu'elle accepte tout simplement, comme sa mère l'a fait lorsqu'elle était jeune. « Mais comment peuvent-ils faire ça? » s'exclame Christine. « Tu as de très bonnes notes. Tu es en secondaire 5, et ils savent que tu veux aller à l'université! » Nathalie regarde par terre. « Oui. C'est ce que je leur ai dit je ne sais plus combien de fois. Pour eux, tout ce qui compte, c'est le mariage. Mes désirs, ils s'en foutent. »

Nathalie arrive à peine à croire ce qui arrive. « Ils étaient tous là pour une fête : mon oncle, ma grand-mère, ma sœur, mon frère et mes parents. Puis, soudain, mon père a annoncé que nous retournions au pays pour une visite et que j'allais me marier à un homme qu'ils ont choisi. Quand je me suis plainte, mon oncle m'a dit que je n'avais pas le choix, que c'est une question de loyauté envers ma famille. Ma mère s'est retournée, elle n'arrivait même pas à me regarder dans les yeux. Je ne sais pas quoi faire! C'est comme si je devais soudain choisir entre mes rêves et ma famille. J'ai vraiment très peur. » Tout à coup, elle lève la tête, regarde son amie et dit, prise de panique : « Et si je ne l'aime pas? S'il me viole? Ça ne les dérange pas? » Christine se lève rapidement. « Viens, dit elle en prenant la main de Nathalie. Si tu veux, tu peux rester chez moi quelques jours. J'ai parlé à ma mère avant de venir. Elle a dit qu'elle allait nous amener dans une clinique d'aide juridique pour obtenir des conseils. C'est contre la loi de forcer quelqu'un à se marier. Tu dois obtenir de l'aide et être en sécurité. »

On parle de mariage forcé si l'un des époux ou les deux ne consentent pas au mariage. Le mariage forcé n'est pas la même chose qu'un mariage arrangé. Dans le cas d'un mariage arrangé, les deux époux consentent au mariage. Dans le mariage forcé, l'un des époux ou les deux ne consentent pas au mariage. Des membres de la famille peuvent avoir recours à la violence physique, à l'enlèvement, à la séquestration ou à la violence psychologique pour forcer la personne à se marier.

Des enfants peuvent être victimes de mariages forcés. Il arrive que leur famille les retire de l'école pour les forcer à se marier.

Téléphonez à la police si vous connaissez une personne que l'on force peut-être à se marier. Vous pouvez aussi téléphoner à la police si vous soupçonnez qu'une personne pourrait être emmenée hors du pays afin d'être mariée contre son gré.

Mutilation génitale féminine

La mutilation génitale féminine est une procédure qui consiste à blesser ou à enlever, en partie ou en entier, les organes génitaux externes des filles et des femmes pour des raisons non médicales. Cette procédure n'a aucun avantage pour la santé et peut causer de la souffrance et, à long terme, de graves problèmes de santé. Au Canada, la mutilation génitale des filles est un crime.

Une personne qui aide à mutiler les organes génitaux d'une fille peut être accusée d'avoir commis un crime. Cela s'applique aux parents, aux médecins et aux infirmiers. Même la personne qui a demandé à quelqu'un d'autre de mutiler une enfant commet un acte criminel. Aussi, il est illégal de sortir une enfant du Canada afin de pratiquer cette procédure dans un autre pays.

La mutilation génitale féminine constitue de la maltraitance à l'égard d'un enfant et doit être signalée aux autorités.

Téléphonez à la police si vous soupçonnez qu'une enfant que vous connaissez risque peut-être de subir des mutilations génitales.