
En 2003, la Division de l'évaluation de Justice Canada a retenu les services de Côté Consulting & Associates pour étudier les projets financés dans le cadre de l'Initiative de lutte contre la violence familiale (ci-après ILVF) pendant les exercices 1997-1998 à 2002-2003.
Soixante dossiers de projet répondaient aux critères de sélection établis par le Comité de sélection, soit des projets ayant été financés pendant la période quinquennale spécifiée et terminés au 31 octobre 2002. Les méthodes ont été à la fois quantitatives et qualitatives. L'examen a porté sur des dossiers de projet de l'élément général de l'ILVF et de l'élément de la VIJ (Vulgarisation et Information juridiques), afin d'obtenir des informations de contexte, notamment sur les partenaires de financement, les principaux intervenants et les bénéficiaires, les types de contribution, les délais et le montant des crédits versés. Un échantillon représentatif de quarante (40) dossiers de projet a été constitué et une synthèse a été préparée pour chaque projet. Il a été difficile pour définir précisément le nombre total de projets exécutés dans le cadre de chaque fonds. La vérification des subventions et des contributions a repéré en 2002 les inconvénients du Système de contrôle des projets et des mesures ont été prises pour le corriger.
L'examen des dossiers s'est efforcé de répondre aux questions suivantes :
Le MJ menait des actions de quatre types dans le cadre de l'ILVF : orientations, recherche, financement de projet, VIJ. La Division de l'évaluation du MJ reçoit des crédits pour mener des activités permanentes d'évaluation. Voici ci-dessous la ventilation par type d'action.
|
Ventilation de |
Exercice 1996-1997 |
Exercice 1997-1998 |
|---|---|---|
|
Financement de projets ILVF |
40 000 $ |
413 250 $ |
|
Financement de projets VIJ |
50 000 $ |
457 101 $ |
|
Recherche sur les orientations |
15 000 $ |
169 650 $ |
|
Élaboration des orientations |
30 000 $ |
388 000 $ |
|
Évaluation de programme |
5000 $ |
22 000 $ |
|
TOTAL |
|
1 450 000 $ |
L'étude des dossiers s'est attachée au financement de projet. Voici ci-dessous la ventilation des fonds versés aux projets pendant la période étudiée.
|
ILVF — général |
VIJ |
Total |
|---|---|---|---|
Moins de 5000 $ |
2 |
3 |
5 |
5001 $ – 10 000 $ |
4 |
7 |
11 |
10 001 $ – 20 000 $ |
9 |
10 |
19 |
20 001 $ – 30 000 $ |
8 |
4 |
12 |
30 001 $ – 50 000 $ |
1 |
6 |
7 |
50 001 $ – 70 000 $ |
3 |
2 |
5 |
70 001 $ – 90 000 $ |
0 |
0 |
0 |
1 000 000 $ + |
1 |
0 |
1 |
Total |
28 |
32 |
60 |
Le tableau ci-dessous détaille les types de projet financés.
|
Activité des projets |
ILVF — général |
VIJ |
TOTAL |
|---|---|---|---|
|
Conférence |
6 |
4 |
10 |
|
Projet pilote |
9 |
4 |
13 |
|
Recherche |
4 |
1 |
5 |
|
Ateliers de formation, vidéos |
1 |
4 |
5 |
|
Conception de site internet |
1 |
2 |
3 |
|
Campagne de sensibilisation |
|
1 |
1 |
|
Art, film |
3 |
|
3 |
|
Évaluation |
3 |
|
3 |
|
Publication |
1 |
3 |
4 |
|
Brochure |
|
13 |
13 |
|
TOTAL |
28 |
32 |
60 |
Le tableau ci-dessous détaille la répartition géographique des projets au Canada.
|
VF — général |
VIJ |
Total |
|---|---|---|---|
National |
10 |
9 |
19 |
T.N.O |
0 |
0 |
0 |
Yukon |
1 |
0 |
1 |
Colombie-Britannique |
5 |
8 |
13 |
Alberta |
1 |
3 |
4 |
Saskatchewan |
2 |
5 |
7 |
Manitoba |
1 |
1 |
2 |
Ontario |
4 |
1 |
5 |
Québec |
3 |
1 |
4 |
Nouveau-Brunswick |
0 |
1 |
1 |
Nouvelle-Écosse |
0 |
1 |
1 |
Terre-Neuve |
0 |
1 |
1 |
Île-du-Prince-Édouard |
1 |
1 |
2 |
TOTAL |
28 |
32 |
60 |
Cinquante-huit (58) des soixante (60) dossiers de projet examinés comportaient des produits réalisés, notamment des publications, des films, des rapports provisoires et finaux.
Le Fonds des projets généraux de l'ILVF a cofinancé la majorité des projets avec des partenaires des secteurs public et privé. Les partenaires fédéraux majeurs ont été Solliciteur Général Canada, Service correctionnel Canada, Condition féminine Canada, ministère des Affaires indiennes et du Nord du Canada, Patrimoine Canada, Santé Canada. Il y a fréquemment eu cofinancement de rois de ces ministères ou plus pour un projet donné. Plusieurs projets ont été cofinancés avec d'autres actions pertinentes du MJ, notamment les victimes, la stratégie nationale de prévention du crime et la justice applicable aux jeunes.
Les dossiers de projet sont bien documentés et les constatations pour chaque projet ont été facilement accessibles.
Dans cette phase de l'ILVF (1997-1998 à 2002-2003), des crédits ont été versés pour notamment des projets pilotes, des conférences, des évaluations globales, des études de recherche, des arts, des films, des ateliers de formation, la conception de sites internet et des produits de vulgarisation et d'information juridiques. Pendant cette période, l'ILVF a réalisé des produits et suscité des savoirs fort divers.
Tous les projets financés ont satisfait à au moins trois ou quatre objectifs du cadre interministériel de responsabilisation de l'ILVF. Le financement a surtout servi à des fins d'expansion. Certes de nombreux projets visent à réduire la violence familiale et peuvent y contribuer, mais on ne sait toujours rien de leur efficacité, car le projet est une activité à court terme et le financement grâce à l'ILVF du MJ n'est disponible que pour trois ans au plus.
Les conférences ont notamment abordé la maltraitance des personnes âgées, la violence contre les femmes, la protection des droits de la personne, l'exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, les enfants témoins de violence familiale. Divers délégués d'horizons variés ont assisté aux conférences. Le système de justice pénale était représenté par des policiers, des procureurs, des avocats, des agents de probation, des juges et des personnels des services correctionnels. Les provinces, les territoires, les institutions universitaires, les services sociaux, ceux d'aide sociale, les organisations des femmes, les groupes multiculturels et les groupes autochtones y étaient également représentés.
De nombreuses activités novatrices ont été testées et menées à bien dans les projets. On y a abordé la sécurité des enfants par rapport aux prédateurs sexuels, le travail avec des jeunes en difficulté, la création d'une base de communication entre les centres d'aide aux victimes d'agression sexuelle, des services de conseil pour les enfants et leurs parents, des programmes de conseil pour les hommes violents, des renseignements à l'intention des femmes qui se soustraient à des situations de violence conjugale et un programme pour donner une nouvelle identité à ces femmes. On a entrepris des programmes pédagogiques et préventifs destinés à protéger les femmes, les enfants et les adolescents et on a constaté la plupart du temps que ces projets peuvent être reproduits ailleurs au Canada.
On a étudié dans les projets de recherche les facteurs incitant les femmes à se rétracter, la violence et les femmes autochtones, l'exploitation sexuelle des enfants et des adolescents et les ressources dont disposent les personnes âgées qui sont maltraitées.
Au nombre des groupes cibles ayant reçu des fonds, mentionnons des groupes de femmes, des organismes provinciaux de services, des établissements d'enseignement, des groupes d'enfants et d'adolescents, des groupes de personnes âgées, des organisations ethnoculturelles et des organisations autochtones.
Au nombre des bénéficiaires des projets financés, qui ont été identifiés, mentionnons des jeunes victimes d'exploitation sexuelle, des étudiants (violence en milieu scolaire), des femmes (violence conjugale), des enfants maltraités (résolution des différends), des femmes musulmanes (égalité des sexes, droits de la personne) et des personnes âgées maltraitées.
Même si la proposition faisait en général état d'un élément d'évaluation, il y a eu peu d'évaluations, en raison notamment du manque d'expertise et de ressources en la matière, de l'inexistence d'évaluations indépendantes et du fait que l'on se fie à des méthodes « douces ».
On a repéré quarante (40) projets (dont le dossier comporte un rapport final ou une évaluation finale) présentant des possibilités de suivi afin de déterminer les enseignements. Ces projets ont constitué un échantillon représentatif des projets généraux de l'ILVF et des projets de VIJ, par projet, territoire, groupe cible et type de maltraitance.