La traite des personnes ou trafic dans les personnes, est souvent décrite comme une forme moderne d'esclavage. Elle suppose le recrutement, le transport et l'hébergement des personnes à des fins d’exploitation, généralement d'exploitation sexuelle ou de travaux forcés. Les victimes sont contraintes à fournir leurs services (souvent sexuels) ou leur labeur dans des circonstances où elles craignent pour leur sécurité ou celle de leurs proches en cas de refus. Elles subissent de mauvais traitements d’ordre physique, sexuel et psychologique, de la violence ou des menaces de violence, aggravés par leurs conditions de vie et de travail.
Le trafic des personnes est un crime grave qui affecte injustement les membres les plus vulnérables de la société. Les femmes et les enfants sont souvent les victimes de la traite des personnes, et tout particulièrement aux fins d'exploitation sexuelle, mais les hommes peuvent également être des victimes.
Divers facteurs reliés contribuent à la traite des personnes. Parmi les facteurs qui favorisent l’offre, on compte la pauvreté extrême, le chômage, le manque d'instruction, des programmes sociaux lacunaires, l'inégalité des sexes, les situations de guerre et de conflit et les troubles politiques dans les pays d'origine. Parmi les facteurs qui favorisent la demande, on peut invoquer la mondialisation d'une économie de marché qui a augmenté la demande de main-d'œuvre, de biens et de services bon marché dans de nombreux pays. Les victimes peuvent aussi être attirées par l’argent et les promesses de d’une vie meilleure.
Les trafiquants usent de plus d'une méthode pour contrôler leurs victimes, notamment la force, l'agression sexuelle et les menaces de violence. La traite des personnes survient entre pays ou au sein d'un même pays, et selon l'Organisation internationale du Travail, elle met souvent en cause d'importants réseaux criminels organisés. Dans bien des cas, les nouvelles technologies, comme Internet, qui permettent des communications instantanées aux quatre coins de la planète, facilitent la perpétration de cette traite.
Il n'est pas aisé de déterminer avec exactitude le nombre annuel de victimes de ce crime. L'Organisation internationale du Travail a estimé qu'un jour donné, il y aurait au moins 2,5 millions de victimes de la traite en situation de travail forcé, y compris d'exploitation sexuelle. Selon un récent rapport publié par l’Initiative mondiale de lutte contre la traite des êtres humains des Nations Unies , il y avait en 2006 21 400 victimes de la traite des personnes dans 111 pays. La traite avait pour objet l’exploitation sexuelle et le travail forcé.
L'Organisation des Nations Unies définit ainsi la traite des personnes :
L’expression « traite des personnes » désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil des personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.
Alinéa 3a) du Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.
La traite des personnes est souvent confondue avec le passage de clandestins, soit l’introduction illégale de personnes dans un autre pays en vue d’obtenir un gain matériel ou financier. Les personnes ainsi entrées clandestinement peuvent avoir payé d’importantes sommes d’argent et peuvent avoir pénétré dans le pays de manière illégale, ou en utilisant d’autres moyens comme de faux documents. Contrairement aux victimes de la traite, les personnes entrées clandestinement consentent généralement à leur passage. Leur relation avec le passeur relève d’une transaction commerciale conclue volontairement qui se termine normalement après le passage de la frontière. Les immigrants clandestins peuvent devenir des victimes de la traite, ce qui peut rendre la distinction entre la traite et l’entrée clandestine difficile à faire.