LE LANGAGE GESTUEL ET L'ACCÈS À LA JUSTICE POUR LES PERSONNES SOURDES AU NUNAVUT
Notes
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[1] Pour obtenir des précisions sur les langues des signes (ASL/LSQ), voir Klima et Bellugi (1979); Lane et Grosjean (1980); Petitto (2000); Siple (1978); Siple et Fischer (1991); Wilbur (1987).
En ce qui concerne l'acquisition initiale du langage, les gestes et les « langages gestuels maison », voir Goldin-Meadow et Mylander (1994); Goldin-Meadow et Mylander (1983); Petitto (2000); Volterra, Beronesi et Massoni (1994); et, Volterra et Erting (1994).
Pour des références linguistiques générales, y compris un examen des approches prescriptives et descriptives de la linguistique, voir Crystal (1987) et Crystal (1987a).
Renseignements généraux sur l'utilisation de langages gestuels chez les peuples autochtones, voir Farnell (1995), Kendon (1989); Mallery (1889); Sayce (1880); Scott (1898); et, Tomkins (1969).
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[2] Comme dans tous les domaines de la surdité, la question de la fréquence est controversée. Diverses estimations sont étroitement liées à la signification du terme « sourd ». En fait, le terme « s/Sourd » lui-même est l'objet de débats. Une convention s'est répandue selon laquelle le mot sourd avec un « S » majuscule désigne la population d'utilisateurs du langage des signes culturellement sourde, tandis que le mot sourd avec un « s » minuscule désigne les personnes atteintes de troubles d'audition graves, mais qui ne se considèrent pas comme appartenant à une culture d'utilisateurs sourds de langage gestuel (Padden et Humphries, 1989). La question de savoir si cette convention s'applique dans le contexte du Nunavut demeure ouverte en raison du contexte culturel unique. Sauf lorsqu'il est précisément question de Surdité culturelle, pour les fins du présent rapport, nous avons employé le mot « sourd ».
Il y a aussi une distinction importante à faire entre ceux et celles qui sont prélinguistiquement sourds par opposition à ceux et celles qui deviennent sourds plus tard dans la vie. Les personnes qui sont durs d'oreille constituent un groupe distinct présentant des besoins uniques qui diffèrent sensiblement de ceux des personnes sourdes. Il y a aussi la question du degré de surdité et de la perte d'audition dans une oreille ou dans les deux oreilles (unilatérale ou bilatérale) (Moores, 1987; Ling, 1984). La plupart des personnes sourdes ont une certaine ouïe résiduelle qui, dans certains cas, peut être amplifiée avec succès au moyen d'une prothèse auditive ou d'un autre appareil de soutien (Ling, 1984); mais, dans d'autres cas, même avec une ouïe résiduelle appréciable, une prothèse auditive peut s'avérer de peu d'utilité ou totalement inutile (MacDougall, 1991; Moores, 1987).
La question de savoir ce que l'on entend par s/Surdité est complexe, et il faut faire preuve d'une grande prudence dans l'interprétation de toute affirmation générale relative aux caractéristiques de toutes les personnes qui présentent une perte d'audition. Le degré de surdité, l'âge auquel la surdité se manifeste, la cause, la présence d'autres déficiences (évaluée à 1/3) et l'environnement dans lequel la personne sourde évolue ont tous une grande incidence sur l'impact de la surdité sur l'individu (MacDougall, 1990, 1991; Moores, 1987). L'on peut dire qu'une bonne part de la controverse et de l'incompréhension entourant la surdité découle d'un emploi laxiste des termes et d'une forte propension à comparer à tort des groupes et des individus présentant des formes différentes de perte d'audition.
En fait de nombres, une vaste étude démographique a été réalisée aux États-Unis (Schein et Delk, 1974). L'étude de l'Université McGill sur les enfants sourds au Canada (MacDougall, 1990) a permis de déterminer la fréquence de la surdité chez les 0 à 21 ans. Le chiffre généralement accepté pour la fréquence d'une surdité qui empêche l'usage de la parole et de l'audition sans intervention spéciale est de 1/1000 (MacDougall, 1990; MacDougall, 1999). On trouve des renseignements sur la perte d'audition neurosensorielle dans le Nord du Canada dans Destounis, MacDougall, Geisel, Pollitt, Waters et Gledhill (1990), et dans Stamos-Destounis (1993).
Bien que le taux de fréquence de 1/1000 soit généralement accepté, la controverse survient lorsqu'on ajoute toutes les personnes qui ont des troubles d'audition, y compris celles qui sont durs d'oreille et les personnes qui présentent une forme quelconque de perte d'audition liée au vieillissement. On a estimé ces nombres à 1/100 pour ceux qui ont une perte d'audition assez grave pour justifier une certaine forme d'intervention, et à 1/10 pour la population générale de personnes présentant un degré quelconque de perte d'audition (MacDougall, 1999). Il s'agit là d'un facteur important à prendre en compte dans le contexte du Nord étant donné que la maladie de l'oreille moyenne (otitis media) est généralement très fréquente dans le Nord (Stamos-Destounis, 1993). Ce type de maladie de l'oreille (conductive) peut entraîner une perte d'audition importante, bien qu'elle ne soit généralement pas aussi grave qu'une perte d'audition neurosensorielle marquée. Une complication additionnelle découle du fait que certaines personnes présentent les deux types de perte d'audition : neurosensorielle et conductive (perte mixte). De toute évidence, les aspects médicaux de la perte d'audition dans le Nord sont très complexes et débordent le cadre des présents développements. Pour une discussion approfondie et récente de ces questions dans le contexte du Nunavut, voir Baxter (1999).
Des contraintes de temps et d'espace nous empêchent de traiter plus en détail de la surdité. Pour ceux et celles qui souhaiteraient prendre connaissance de développements plus approfondis, voir Erting, Johnson et Smith (1994); Lane (1984; 1986; et 1992); Lane, Hoffmeister et Bahan (1996); Ling (1984); MacDougall (1991); Mindel et Vernon (1987); Moores (1987); Padden et Humphries (1989); et, Rodda et Grove (1987).
Pour un compte-rendu populaire des principales questions concernant la surdité, voir Seeing Voices (Sacks, 1989).
- [3] Nous avons demandé une copie de la vidéo pour pouvoir l'examiner, mais nous ne l'avons toujours pas reçue.
- [4] Toutes les personnes qui apparaissent sur nos enregistrements vidéos nous ont donné la permission de montrer les entrevues filmées à un nombre restreint de personnes.
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