Les Services d’aide aux victimes et leur travail auprès des personnes touchées par l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale

3. Méthodologie

3. Méthodologie

3.1 Choix des participants

Une lettre d’information a été adressée aux treize directeurs provinciaux et territoriaux des Services d’aide aux victimes du pays par le truchement du Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur les victimes d’actes criminels. La lettre demandait aux directeurs de fournir le nom d’intervenants qui auraient pu avoir déjà travaillé auprès de clients de leur service atteints de l’ETCAF. La procédure était laissée à leur discrétion. Nous avons ensuite contacté ces intervenants par téléphone pour savoir s’ils étaient intéressés à passer une entrevue. 

Avant le début de l’entrevue, nous avons demandé aux participants s’ils acceptaient que la conversation soit enregistrée et les avons assurés que les bandes enregistrées seraient détruites après avoir été transcrites[8].

3.2 Questions de recherche

Les questions de recherche portaient sur les connaissances des participants au sujet de l’ETCAF, l’importance et la prévalence de l’ETCAF chez leurs clients, leurs stratégies d’intervention auprès de leurs clients atteints de l’ETCAF, ainsi que leurs recommandations sur ce qui pourrait mieux les préparer à intervenir auprès de ces clients. En suivant un modèle d’entrevue semi-structurée, nous leur avons posé les questions suivantes :

3.3 Considérations

Même si l’on juge que son incidence est plus élevée chez les Autochtones, l’ETCAF peut toucher toute personne dont la mère aurait consommé de l’alcool durant sa grossesse, quelle que soit sa race, sa culture ou sa situation économique. Idéalement, nous souhaitions la participation d’intervenants auprès de victimes représentatives de l’ensemble des victimes dans la population canadienne, mais nous soupçonnions au moment d’établir les paramètres de le recherche que les résultats pourraient provenir principalement des intervenants ayant des expériences propres aux personnes qui s’identifient comme membres des Premières nations, comme Métis ou comme Inuits. C’est que plusieurs des collectivités bien informées au sujet de l’ETCAF (comme Whitehorse, Winnipeg, Saskatoon, Goose Bay, Thunder Bay) ont de fortes proportions d’Autochtones. Plusieurs groupes et collectivités autochtones ont indiqué que l’ETCAF était un problème important auquel il fallait s’attaquer, alors que chez les Blancs et autres groupes raciaux, le problème n’est pas considéré comme étant aussi aigu. Ainsi, l’incidence présumée plus élevée de l’ETCAF chez les Autochtones est attribuable en partie au fait qu’ils sont plus sensibilisés à la question et agissent davantage dans le domaine que les non-Autochtones. Il faut aussi tenir compte des facteurs sociaux et environnementaux (autres que l’alcool) qui contribuent à la prévalence de l’ETCAF chez les Autochtones, dont la pauvreté, la violence, l’accès limité aux soins médicaux et l’absence d’aliments nutritifs (Tait 2003).

3.4 Limites de l’étude

Les directeurs des Services d’aide aux victimes partout au pays ont bien voulu prendre le temps de chercher des personnes au sein de leur organisation qui auraient déjà fait l’expérience d’intervenir auprès de clients atteints de l’ETCAF. Tous les intervenants ayant une telle expérience n’ont pas été informés de la recherche et de la possibilité d’y participer, nous n’avons pas sollicité la participation de tous ceux dont le nom nous avait été fourni. Les résultats de l’étude ne proviennent donc qu’un d’un échantillon des intervenants au Canada ayant travaillé auprès de clients atteints de l’ETCAF. Malgré ces limites, les entrevues ont permis d’explorer leurs perspectives sur leur travail dans le contexte du système de justice pénale.