Rapport Annuel des Activités 2005-2006
de la Stratégie de la Justice
Applicable aux Autochtones

2. Activités de la SJA 2005-2006

Dans le cadre de l’engagement qu’elle a pris envers le Conseil du Trésor et tel que décrit dans le Cadre de gestion et de responsabilisation axés sur les résultats (CGRR) de la SJA, la DJA doit présenter un rapport annuel sur ses activités. Le présent rapport met en lumière les principales activités exécutées au cours de l’exercice 2005-2006.

Élaboration et soutien des politiques

Le volet « Élaboration et soutien des politiques » de la SJA vise à :

Les activités de la DJA visent à garantir que de par leur conception et leur exécution, les initiatives gouvernementales (essentiellement fédérales mais également provinciales et territoriales) renforcent et soutiennent la justice autochtone comme priorité stratégique dans la société canadienne et qu'elles sont cohérentes, intégrées, complémentaires et, le plus possible, concertées.

Coordination et collaboration

Comme le succès du volet « Élaboration et soutien des politiques » de la SJA dépend de la solidité de ses réseaux internes et externes, l’établissement de partenariats stratégiques au sein du Ministère de même qu’aux plans interministériel et intergouvernemental est une activité clé. En 2005-2006 la DJA a été un membre actif de nombreux groupes de travail et comités. En réunissant des intervenants clés des différentes administrations de façon régulière, les réunions des comités et des groupes de travail ont constitué pour la DJA une excellente occasion d’échanger information et savoir-faire, de discuter des nouveaux enjeux, de servir les doubles objectifs d’améliorer la coordination et la collaboration et de créer des liens durables avec les collectivités et entre les politiques et les programmes gouvernementaux qui ont une incidence sur la justice applicable aux Autochtones.

Une évaluation à mi-mandat de la SJA, exécutée en juin 2005 et dont il sera question de façon plus détaillée dans la partie 3 du présent rapport, a révélé que depuis la dernière évaluation officielle en 2002, la DJA et la SJA ont eu un effet positif sur le degré de coopération entre les différents partenaires de l’administration de la justice applicable aux Autochtones. En particulier, l’évaluation a révélé l’amélioration des relations entre différents bureaux du MJ, entre le MJ et les ministères provinciaux/territoriaux et entre les collectivités autochtones et le système de justice conventionnel local.[6]

En 2005-2006, la DJA a été représentée au sein des comités et groupes de travail ci-dessous.

Ministériels

Groupe de travail sur la justice pour les jeunes

Interministériels

Intergouvernementaux

Recherche et évaluation

En vertu de son Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR), la DJA doit définir les résultats attendus des programmes, mettre l’accent sur l’obtention de résultats, évaluer régulièrement son rendement et utiliser ces renseignements pour améliorer son efficacité et sa productivité. En 2005-2006, les activités de recherche et d’évaluation ont visé à évaluer l’efficacité de la SJA à mener à bien son mandat. De façon plus générale, les activités devaient contribuer à un corpus grandissant de connaissances sur les pratiques exemplaires, les politiques et les programmes et les ressources des initiatives de justice applicable aux Autochtones.

En 2005-2006, les activités de recherche et d’évaluation de la DJA ont été les suivantes :

Conférences et ateliers

La DJA s’est fait un devoir d’appuyer la production et la diffusion d’information au moyen d’un grand éventail de véhicules. Comme les activités de recherche et d’évaluation, les conférences et les ateliers et d’autres activités de même nature contribuent de façon importante à créer et diffuser des connaissances sur les initiatives de justice applicable aux Autochtones. La DJA assiste et participe à des conférences et à des ateliers pour faire connaître la SJA et pour communiquer et recevoir de l’information sur les initiatives de justice applicable aux Autochtones. Elle apporte également un soutien financier à des conférences et à des ateliers pour favoriser l’échange d’idées et la production de nouvelles connaissances et compétences.

En 2005-2006, la DJA a assisté aux conférences et ateliers ci-dessous :

De plus, la DJA a parrainé les évènements suivants en 2005-2006 :

La participation à des comités de planification de conférences a également rehaussé la visibilité de la SJA et constitué une occasion d’exercer une influence sur les programmes des conférences. En 2005-2006, la DJA a siégé aux comités de planification de la Conférence internationale 2005 sur les délinquants à besoins spéciaux et de la Conférence sur la recherche en matière de politiques autochtones.

Programmes de justice communautaire

Le financement de programmes de justice communautaire aide des collectivités autochtones à mettre au point et à exécuter des programmes pertinents du point de vue culturel qui donnent aux collectivités une grande part de responsabilité pour intervenir auprès de délinquants et pour régler des différends en matière civile et criminelle, au plan local. Les programmes fructueux aident les membres de la collectivité à comprendre mieux le système de justice et à y participer davantage, à renforcer la capacité de la collectivité de régler les problèmes de justice de façon adaptée du point de vue culturel et à renforcer les rapports avec les intervenants du système de justice conventionnel en créant un lien de confiance mutuelle.

Les programmes admissibles à l'aide financière de la SJA représentent un vaste éventail d'activités au plan local :

Même si le présent rapport met l’accent sur les activités exécutées dans l’exercice 2005-2006, les tableaux ci-dessous renferment des chiffres relatifs aux deux exercices précédents à titre comparatif.

Comme le tableau 2-1 le révèle, le nombre d’accords relatifs à des programmes de justice communautaire conclus par la DJA a augmenté de près de 8 % en 2005-2006. La plupart des nouveaux accords visaient l’évaluation de programmes en cours; par conséquent, le nombre de programmes exécutés en vertu d’accords relatifs à la SJA est resté relativement stable. L’investissement dans les programmes a augmenté de 3,6 % en 2005-2006. Au cours du même exercice, toute l’enveloppe de la SJA destinée aux collectivités aux fins de l’exécution de programmes, de la formation et du perfectionnement et du renforcement des capacités en matière d’autonomie gouvernementale a été distribuée.

Tableau 2-1 : Aperçu des programmes
de justice communautaire financés par la SJA selon l’exercice
  2003-2004 2004-2005 2005-2006
Nombre d’accords de la SJA 83 89 88
Nombre de programmes 105 108 110
Nombre de collectivités 457 453 397[14]
Total du financement de
programmes par la SJA
6 469 344 $ 6 636 259 $ 6 873 400 $

Source : Archives de la DJA

En 2003-2004, la SJA a établi une présence nationale en finançant des programmes de justice communautaire dans l’ensemble des provinces et territoires du Canada. Cette présence nationale a été maintenue. Le tableau 2-2 relève le nombre de programmes selon l’administration et l’exercice. Le tableau 2-3 présente le financement accordé par la SJA selon l’administration et l’exercice.

Tableau 2-2 :
Nombre de programmes selon l’administration et l’exercice
ADMINISTRATION 2003-2004 2004-2005 2005-2006
Saskatchewan 24 24 24
Colombie-Britannique 20 19 19
Nunavut 13 14 14
Québec 9 12 11
Ontario 10 10 11
Yukon 8 9 9
Manitoba 7 6 6
Territoires du Nord-Ouest 5 5 6
Alberta 5 5 5
Nouveau-Brunswick 1 2 2
Terre-Neuve et Labrador 1 1 2
Nouvelle-Écosse 1 1 1
I.-P.-É. 1 1 1
Total pour les programmes 105 109 110

Source : Archives de la DJA

Tableau 2-3 : Financement accordé par la SJA à des programmes de justice communautaire selon l’administration et l’exercice[15]
ADMINISTRATION 2003-2004 ($) 2004-2005 ($) 2005-2006($)
Saskatchewan 1 616 418 1 630 545 1 629 920
Colombie-Britannique 1 070 600 1 073 548 1 090 588
Manitoba 845 000 832 136 885 500
Ontario 710 932 740 813 771 535
Alberta 563 622 676 900 677 700
Québec 504 787 465 557 473 097
Yukon 403 792 423 560 436 060
Nunavut 255 400 262 400 237 400
Nouvelle-Écosse 142 300 142 300 193 100
Terre-Neuve et Labrador 75 000 75 000 150 000
TNO 145 000 145 000 145 000
Nouveau-Brunswick 96 500 118 500 133 500
I.-P.-É. 39 993 50 000 50 000
Total du financement 6 469 344 $ 6 636 259 $ 6 873 400 $

Source : Archives de la SJA

Le nombre de programmes exécutés selon l’endroit est resté relativement stable au cours des dernières années. Il y a des programmes ruraux en Alberta, en Colombie-Britannique et en Saskatchewan ainsi qu’au Québec et à l’I.-P.-É.; les programmes urbains sont offerts en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Ontario et en Saskatchewan.

Tableau 2-4 : Nombre de programmes selon l’endroit et l’exercice
Endroit du programme 2003-2004 2004-2005 2005-2006
Nord (Yukon*, T. N.-O., Nunavut) 26 28 28
Réserves 52 54 53
Hors des réserves – milieu rural 3 3 3
Hors des réserves – milieu urbain 15 15 17
Combinaison de réserves et hors
des réserves (rural et urbain)
9 9 10
Total pour les programmes 105 109 110

Source : Archives de la DJA

* Dans chaque exercice, deux programmes du Yukon sont décrits comme offrant les services à une population urbaine.

Des collectivités peuvent exécuter plus d’un modèle de programme en vertu d’un même accord de contribution et dans une même structure organisationnelle. En 2005-2006, 78 % des bénéficiaires de financement ont exécuté des programmes de déjudiciarisation et de mesures de rechange; 16 % ont fourni aux tribunaux des avis en matière de sanctions communautaires; 10 % ont exécuté d’autres activités d’administration de la justice, notamment l’administration des règlements de la bande, des services correctionnels communautaires, des programmes d’aide aux victimes, l’élaboration de politiques; et 7 % ont offert des services de médiation en droit de la famille/civil.

Fonds de formation et de perfectionnement

Le Fonds de formation et de perfectionnement finance des activités de formation destinées à renforcer les capacités des collectivités en matière d’élaboration et d’exécution de programmes de justice. Les objectifs du Fonds sont les suivants :

Depuis la mise en œuvre du Fonds de formation et de perfectionnement en 2002-2003, la DJA a conclu plus de cent accords de formation et de perfectionnement à l’appui de programmes qui servent ou serviront des centaines de collectivités à travers le Canada. Les accords ont permis de financer des initiatives dans l’ensemble des provinces et territoires et ont visé des activités comme des conférences, des ateliers régionaux, des colloques, des séances de planification stratégique et un éventail d’autres possibilités de formation adaptées aux besoins définis par les différents fournisseurs de programmes.

Tableau 3-1 : Activités de formation et de perfectionnement
financées par la SJA selon l’exercice
  2003-2004 2004-2005 2005-2006
Nombre d’accords de formation
et de perfectionnement
de la SJA
17 32 27
Total du financement de la formation
et du perfectionnement de la SJA
361 713 $ 442 555 $ 351 600 $

Source : Archives de la DJA

Autonomie gouvernementale

Négociations

Les avocats de la DJA fournissent des avis en matière de droits et d’orientations aux négociateurs fédéraux au titre de « l’administration de la justice » des négociations et des accords relatifs à l’autonomie gouvernementale. À la fin de 2005-2006, les conseillers juridiques de la DJA étaient actifs dans six tables de négociations relatives à l’autonomie gouvernementale : Deline et Tulita dans les Territoires du Nord-Ouest, Conne River à Terre-Neuve, James Bay Cree au Québec, Teslin Tlingit an Yukon et Akwasasne en Ontario.[16]

Les conseillers juridiques de la DJA ont également participé à la rédaction de recommandations destinées aux négociateurs fédéraux par rapport à l’exécution, l’arbitrage et l’administration des lois des Premières nations. Un document de travail a été produit au cours de 2005-2006.

Renforcement des capacités en matière d’autonomie gouvernementale

Le Fonds pour le renforcement des capacités en matière d'autonomie gouvernementale a été créé lors du renouvellement du mandat de la SJA en 2001. Le Fonds, administré par la DJA de concert avec le MAINC, finance l'élaboration de projets pilotes et de documents de référence destinés à renforcer la capacité en matière d'autonomie gouvernementale et à élaborer des modèles pour l'administration et la mise en application des lois autochtones. Les objectifs du Fonds sont les suivants :

En 2005-2006, trois projets de renforcement des capacités en matière d’autonomie gouvernementale ont été financés.

En 2005-2006, les conseillers juridiques de la DJA ont profité de l’occasion qu’offraient plusieurs séances de négociations relatives à l’autonomie gouvernementale pour promouvoir et expliquer le Fonds pour le renforcement des capacités en matière d’autonomie gouvernementale, qui était relativement nouveau. Par suite de cette activité de sensibilisation, la Première nation Deline a présenté une nouvelle proposition dont le financement a été approuvé pour 2006-07. Le projet permettra à la Première nation Deline d’informer ses membres sur les attributions et les pouvoirs du conseil de justice, un organe qui sera constitué dès la promulgation de la loi de mise en œuvre de l’Accord final sur l’autonomie gouvernementale.

Liaison et partenariats

Le volet Liaison et partenariats de la SJA a été lancé en 2005-2006. Il remplace l’ancien Réseau de la justice autochtone (RJA).[18]

Les objectifs du volet Liaison et partenariats sont les suivants :

En 2005-2006, le nouveau volet de la SJA s’est employé à mettre au point un plan d’action concerté qui servirait ses objectifs. On a d’abord organisé une séance de planification stratégique réunissant des intervenants clés pour conclure les activités du RJA, présenter le volet Liaison et partenariats et solliciter la contribution et l’engagement des partenaires à un plan de liaison revitalisé. La DJA est repartie de cette séance avec plusieurs idées sur lesquelles elle a commencé à travailler, notamment :

Les responsables du volet Liaison et partenariats ont également commencé à s’attaquer à la sous-représentation des Autochtones dans les professions juridiques :