Tendances du mariage et du divorce au Canada, de 1921 Ã 2020
Juin 2026
Cette fiche d'information résume les données clés sur les tendances du mariage et du divorce entre 1921 et 2020, lorsque disponibles, provenant des bases canadiennes de données de l'état civil – mariages et divorces de Statistique Canada, du recensement de la population, de l'enquête sur les tribunaux civils et de l'enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes. L'année 2020 marque la première année de la pandémie de COVID-19 durant laquelle des mesures de santé publique ont été mises en place dans les provinces et territoires.
Le nombre de mariages au Canada a régulièrement diminué entre les années 1970 et 2020, atteignant le plus bas niveau enregistré depuis 1938Note de bas de page 1
Les premières données publiques sur les mariages disponibles au Canada remontent à 1921, lorsque 71 254 mariages ont été célébrés. Le nombre de mariages a généralement augmenté, avant d'atteindre un sommet à 200 470 en 1972 (voir la figure 1 ci-dessous). Le nombre a ensuite suivi une baisse progressive à 146 121 en 2019 et une forte chute en 2020 à 98 355, le plus bas nombre enregistré depuis 1938. Le taux brut de nuptialité, c'est-à -dire le nombre de mariages pour 1 000 personnes, a fluctué entre 1921 et 1956, avant d'augmenter à 9,0 en 1972, puis de diminuer régulièrement pour atteindre 2,6 en 2020. La forte baisse observée en 2020, la première année de la pandémie de COVID-19, est probablement due aux mesures de santé publique dans les provinces et territoires qui ont limité les rassemblements, imposé des ordres de confinement et restreint les déplacements, perturbant ainsi les préparatifs de mariage de nombreux couplesNote de bas de page 2.
La probabilité de se marier un jour a diminué dans tous les provinces et territoires, passant de près des trois quarts (74 %) des Canadiennes et Canadiens en 1991 à moins de la moitié (44 %) en 2020. De même, la proportion de personnes se remariant après un divorce a diminué, passant de 20 % des personnes nouvellement mariées en 1991 à 17 % en 2020Note de bas de page 3.
Le nombre de mariages a diminué dans tous les provinces et territoires en 2020, la première année de la pandémie de COVID-19, le Québec connaissant la plus forte baisse (49 %) et la Saskatchewan la plus faible (18 %). À long terme, Terre-Neuve-et-Labrador a enregistré la plus forte baisse du nombre de mariages, passant de 3 480 en 1991 à 1 098 en 2020, soit une diminution de 68 %. Cela a été suivi par le Québec et le Nouveau-Brunswick, où le nombre de mariages est passé de 28 923 et 4 521 en 1991 à 11 307 et 1 806 en 2020, marquant des baisses de 61 % et 60 % respectivement.
Parallèlement, la proportion de couples vivant en union libre a fortement augmenté dans tous les provinces et territoires, passant de 6 % en 1981 à 23 % en 2021. Ce changement a été particulièrement marqué au Nunavut et au Québec, où les unions libres représentaient respectivement 52 % et 43 % des couples en 2021. En conséquence, les taux de nuptialité dans ces deux administrations sont restés constamment plus bas que dans d'autres provinces et territoires au fil du temps, les taux de nuptialité au Québec passant de 4,1 pour 1 000 personnes en 1991 à 1,3 en 2020, et au Nunavut de 2,9 en 1999 (lorsque le Nunavut est officiellement devenu un territoire) à 1,0 en 2020.
Figure 1. Nombre de mariages et de divorces ainsi que les taux de nuptialité et de divortialité au Canada, de 1970 à 2020
Version texte
Le graphique linéaire intitulé « Nombre de mariages et de divorces ainsi que les taux de nuptialité et de divortialité au Canada, de 1970 à 2020 » montre l’évolution à la fois du nombre et du taux pour 1 000 personnes des mariages et des divorces au Canada entre 1970 et 2020. L’axe horizontal représente les années, tandis que deux axes verticaux sont utilisés : l’axe de gauche indique le nombre de mariages et de divorces (de 0 à 250 000) et l’axe de droite indique les taux (de 0 à 14 pour 1 000 personnes). Quatre courbes sont tracées : nombre de mariages, nombre de divorces, taux de nuptialité et taux de divortialité.
- Le nombre de mariages commence à environ 190 000 en 1970 puis présente de petites fluctuations durant les années 1970 et 1980, avant de décliner graduellement, avec une baisse plus marquée dans les années 1990. Il reste ensuite relativement stable à un niveau plus bas dans les années 2000, puis diminue de nouveau et chute fortement pour atteindre juste en dessous de 100 000 en 2020, marquant la baisse la plus importante.
- Le nombre de divorces débute juste sous les 30 000 en 1970 et augmente régulièrement durant les années 1970 et le début des années 1980. Il atteint un pic à plus de 97 000 en 1987 avant de décliner graduellement après ce sommet, avec de légères fluctuations au cours des années 1990, 2000 et 2010, pour se terminer par une baisse notable de plus de 14 000, à juste sous 43 000 en 2020.
- Le taux de nuptialité (pour 1 000 personnes) commence à 8,8 en 1970, puis diminue régulièrement au fil du temps, surtout des années 1970 au début des années 1990. Il se stabilise quelque peu à la fin des années 1990 et dans les années 2000, puis poursuit un lent déclin jusqu’à juste sous 4 en 2019, avant de tomber à 2,6 en 2020, ce qui représente une tendance descendante cohérente à long terme.
- Le taux de divortialité (pour 1 000 personnes) commence autour de 12,7 en 1991 pour atteindre sa valeur la plus élevée l’année suivante, en 1992, à 13. Le taux décline ensuite régulièrement à partir du milieu des années 1990, chutant notablement de 7,5 en 2019 à 5,6 en 2020, représentant une baisse soutenue mais relativement régulière.
Note : Les taux de divortialité avant 1991 incluaient les personnes vivant en union libre dans les estimations des personnes mariées. Ainsi, seuls les taux de divortialité à partir de 1991 sont présentés.
Source : Statistique Canada. 2022a. Moins de « Oui, je le veux » : baisse historique des nouveaux mariages durant la première année de la pandémie, Le Quotidien; et Statistique Canada. s.d.-c. Tableau 39-10-0051-01 Nombre de divorces et indicateurs de divortialité.
Le nombre de divorces au Canada a atteint un sommet à la fin des années 1980 et au début des années 1990 avant de diminuer progressivement pour atteindre un creux de 50 ans en 2020Note de bas de page 4
Le nombre de divorces au Canada a culminé à 97 773 en 1987 suite à la réforme de la Loi sur le divorce de 1986, puis a progressivement diminué pour atteindre un creux de 50 ans en 2020. Les 42 933 divorces enregistrés en 2020 représentent une baisse de 25 % par rapport à 2019 (56 937) et le plus faible total depuis 1973. Cette baisse s'est produite parallèlement à une forte baisse des mariages en 2020, probablement en lien avec les perturbations plus larges liées à la pandémie dans la formation et la dissolution des familles.
Les demandes de divorce et les divorces prononcés ont tous deux fortement diminué dans les premiers mois de la pandémie de COVID-19, les demandes passant de 5 586 en février 2020 à 1 743 en avril 2020 et les divorces prononcés de 4 743 en février 2020 à 1 983 en juin 2020. Toutes les provinces ont connu une baisse du nombre de divorces en 2020, avec la plus forte baisse en Ontario (36 %) et des baisses plus modestes dans les autres provinces, allant de 11 % (Nouveau-Brunswick) à 22 % (Alberta).
Les taux de divortialité ont diminué dans tous les groupes d'âge depuis le début des années 1990, avec les baisses les plus marquées chez les jeunes adultesNote de bas de page 5
Le taux de divortialité (pour 1 000 personnes mariées) a progressivement diminué, passant de 12,7 en 1991 (la première année disponible publiquement) à 5,6 en 2020. La diminution a été plus marquée chez les plus jeunes. Le taux chez les personnes âgées de 15 à 34 ans a chuté de 60 %, passant de 21,2 pour 1 000 personnes mariées en 1991 à 8,5 en 2020, et le taux chez les personnes âgées de 35 à 49 ans a diminué de 45 % sur la même période. En 2020, les diminutions ont été plus faibles chez les personnes âgées, avec une baisse de 10 % chez les personnes âgées de 50 à 64 ans et de 20 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus par rapport à 1991. Bien que les taux de divortialité globaux aient diminué, les divorces chez les personnes âgées de 50 ans et plus – parfois appelés « divorces gris » – ont augmenté de 26 % entre 1991 et 2006, passant de 4,2 à 5,3 pour 1 000 personnes mariées. Depuis 2006, cependant, le taux de divortialité « gris » est demeuré relativement stable, à l'exception d'une baisse temporaire en 2020 attribuable aux perturbations liées à la pandémie.
Les taux de divortialité ont diminué de manière égale pour les hommes et les femmes depuis 1990, sans écart significatif entre les sexes au fil du tempsNote de bas de page 6
En 1991, le taux de divortialité était de 12,7 divorces pour 1 000 personnes mariées pour les hommes et les femmes. En 2017 (l'année la plus récente pour laquelle les données sur les divorces sont disponibles par sexe ou genre), ce taux était tombé à 8,4 pour les hommes et 8,6 pour les femmes, ce qui signifie que chacun de ces genres a suivi des trajectoires presque identiques au cours de la période de 27 ans. L'absence d'écart entre les genres s’explique en partie par la plus grande proportion de couples de genres différentsNote de bas de page 7 (99 % de tous les couples) et par la proportion similaire d’hommes (51 %) et de femmes (49 %) parmi les couples de même genreNote de bas de page 8.
Les hommes et les femmes se marient et divorcent plus tard dans la vie qu’au cours des années 1970Note de bas de page 9
Entre 1970 et 2017 (les données les plus récentes disponibles disagrégées par genre), l'âge moyen au mariage et au divorce a augmenté régulièrement pour les hommes comme pour les femmes. L'âge moyen au mariage est passé de 25 à 31 ans pour les hommes (+24 %) et de 22 à 29 ans pour les femmes (+32 %), tandis que l'âge moyen au divorce est passé de 40 à 47 ans pour les hommes (+18 %) et de 37 à 45 ans pour les femmes (+22 %).
Parallèlement à ces changements, l'âge au premier mariage a augmenté. Entre 1991 et 1995, l'âge moyen au premier mariage était de 28 ans. En 2020, l'âge moyen au premier mariage était passé à 32 ans, soit une hausse de 14 %.
Les Autochtones et les personnes noires sont moins susceptibles d'être mariés ou de vivre en union libre et sont plus susceptibles de ne jamais s'être mariés comparativement à leurs homologues blancsNote de bas de page 10
Selon le recensement de 2021, 59 % des personnes blanches étaient mariées ou vivaient en union libre, comparativement à 45 % des Autochtones et 42 % des personnes noires. La proportion de personnes mariées était la plus élevée chez les personnes blanches (44 %), suivies des personnes noires (35 %) et des Autochtones (28 %). Cependant, en examinant les unions libres, les différences entre les personnes blanches (15 %) et les Autochtones (17 %) étaient moins marquées, tandis que la proportion de personnes noires était plus faible (7 %). Les taux de divortialité étaient similaires pour les trois groupes de population : 7 % chez les personnes noires, 7 % chez les personnes blanches et 6 % chez les Autochtones. Au même temps, les Autochtones (42 %) et les personnes noires (45 %) étaient plus susceptibles de ne jamais avoir été mariés que les personnes blanches (26 %).
Près d'un enfant sur cinq a vécu une séparation ou un divorce parentalNote de bas de page 11
En 2019, 18 % des enfants âgés de 1 à 17 ans (1 185 700 enfants) avaient vécu la séparation ou le divorce de leurs parents. La proportion d'enfants touchés était plus élevée au Québec (23 %) que la moyenne nationale, tandis que les proportions en Ontario (16 %), au Manitoba (15 %) et en Alberta (16 %) étaient plus faibles. Les enfants plus âgés âgés de 12 à 17 ans (24 %) étaient les plus susceptibles d'avoir connu une séparation ou un divorce parental, comparés aux enfants de 5 à 11 ans (19 %) et aux enfants de 1 à 4 ans (8 %), ce qui coïncide avec la baisse du taux de divortialité.
Les causes de divorce représentent près de la moitié de toutes les causes devant les tribunaux de la famille au CanadaNote de bas de page 12
Toutes les ruptures de couple ne donnent pas lieu à une intervention judiciaire. Certaines parties en séparation peuvent résoudre les questions elles-mêmes ou par le biais de processus de résolution des conflits familiaux, tandis que d'autres s'appuient sur le système judiciaire pour traiter les questions non résolues. En 2019-2020, les causes de divorce représentaient près de la moitié (47 %) de toutes les causes actives devant les tribunaux de la famille au Canada, représentant 107 481 des 228 758 causes. Les causes de temps parental (anciennement appelées garde et droit de visite), les causes de pension alimentaire seulement et d'autres causes familiales inconnues constituaient les 53 % restants des causes devant les tribunaux de la famille.
J4-198/2026F-PDF
ISBN 978-0-662-29576-1
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