La suspension ou le refus d'autorisation, nouvelle mesure d'exécution des pensions alimentaires pour enfants

3.0 LA SUSPENSION D'AUTORISATIONS AUX ÉTATS-UNIS

Les programmes de suspension d'autorisations ont pour objet de favoriser l'exécution des ordonnances alimentaires lorsqu'il est impossible de saisir le salaire ou le revenu du payeur, c'est-à-dire, habituellement, lorsque le payeur est un travailleur autonome.[5]

Le gouvernement fédéral des États-Unis a exigé que les États adoptent une loi sur la suspension d'autorisations dans la Personal Responsibility and Work Opportunity Reconciliation Act (PRWORA) de 1996. Aux termes de cette loi, les organismes d'exécution des ordonnances alimentaires pour enfants (OEOA) sont tenus de retenir, de suspendre ou de restreindre les permis de conduire, certificats de compétence ou autorisations d'exercer, ainsi que les permis de loisir et de sport des payeurs de pensions alimentaires en défaut.[6] La loi exige également que les personnes qui demandent un permis de conduire, une autorisation ou un permis d'exercice inscrivent leur numéro d'assurance sociale (NAS) sur leur demande. La loi fédérale ne mentionne aucune autre exigence, de sorte que, dans les faits, les États étaient libres de mettre en œuvre les programmes de suspension d'autorisations qu'ils voulaient. Par exemple, les États pouvaient préciser les autorisations d'exercer une profession, les certificats de compétence et les permis de sport et de loisir susceptibles de suspension[7] et élaborer leurs propres critères de mise en œuvre de la mesure d'exécution, à savoir le nombre de mois de retard. L'OEOA de l'État n'est pas non plus tenu d'être responsable de l'administration des exigences législatives de l'État (DSRH É.-U., ACF, 1997).

Si un État n'adopte aucune loi relative à l'exécution des pensions alimentaires conformément à la PRWORA, le gouvernement fédéral peut lui imposer une amende. Le gouvernement fédéral peut décider que l'État ne respecte pas les exigences du plan d'exécution fédéral qui sont une condition d'admissibilité à l'assistance financière du gouvernement fédéral (DSRH É.-U., ACF, 1997).

Le législateur de la loi fédérale s'est inspiré des lois des États en vigueur et leur donnent une portée plus large. Plusieurs États avaient déjà adopté ce type de programme bien avant l'entrée en vigueur de la PRWORA au milieu de l'année 1996. L'Arizona et le Vermont ont été les premiers à instaurer un programme de refus d'autorisation en 1990.

Les lois de ces deux États diffèrent des lois plus récentes qui exigent la suspension obligatoire des autorisations par voie administrative ou judiciaire. Tous les États suspendent les autorisations; les mesures d'exécution ne sont pas limitées au refus d'émettre une nouvelle autorisation ou de renouveler une autorisation existante.

Soulignons que dans 12 des 19 États qui avaient adopté un régime de suspension avant 1995, les lois visaient les certificats de compétence plutôt que les permis de conduire (DSRH É.-U., BEOA, 1995). Cette situation était peut-être due au fait que les législateurs des États hésitaient à suspendre les permis de conduire de peur de nuire à l'emploi des payeurs. Avec l'adoption de la PRWORA, chaque État a adopté une loi visant la suspension des permis de conduire, quelquefois avec réticence, afin d'éviter la perte de l'assistance financière du fédéral.