Autres sujets de formation prioritaires pour les fonctionnaires
[Traduction]
« Les fonctionnaires doivent comprendre qu’ils ont un rôle à jouer dans la réconciliation et que le colonialisme a des incidences sur leur travail. Il est essentiel qu’ils aient une compréhension de base des enjeux et des réalités autochtones en général avant de se plonger dans la Déclaration des Nations Unies et la LDNU. »Association des femmes autochtones du Canada
Éducation sur les traités
Même si ce sujet sortait légèrement du cadre des consultations qui ont été menées, nous reconnaissons que la plupart des partenaires autochtones ont souligné qu’il est essentiel, pour que des réformes et des changements puissent être opérés, que le public soit mieux informé sur la signification des traités, les droits des Autochtones et leur histoire. Une formation sur ce sujet pourrait aborder l’histoire, l’esprit et l’intention des traités, la dimension de l’autodétermination et les différentes interprétations des traités numérotés (Traités nos 1 à 11). Un partenaire autochtone a mentionné que le fait de préciser les liens entre les droits issus de traités, les droits autochtones et les droits inhérents aiderait à prévenir une interprétation trop étroite ou transactionnelle des droits, et favoriserait la prise de décisions plus cohérentes et fondées sur les droits par les fonctionnaires de toutes les régions.
Il existe de nombreuses ressources élaborées par des Autochtones qui pourraient être mises à profit dans le cadre de cette formation. Les partenaires autochtones ont suggéré de rendre ces ressources plus facilement accessibles au public, aux médias, aux formateurs et aux fonctionnaires. Selon eux, il serait également important d’offrir une formation en lien avec la Directive du Cabinet sur les traités modernes.
ITK a mentionné que la question du fédéralisme doit être abordée dans les documents éducatifs portant sur les traités entre les Inuit et la Couronne. Bon nombre de relations sont tripartites et de nature variable, et les répercussions sont importantes. À titre d’exemple, l’histoire des négociations qui ont mené aux accords sur les revendications territoriales du Nunavut et du Labrador est importante et unique. Les histoires positives comme celle-là devraient être mises en valeur.
Les partenaires ont déterminé les différents niveaux de formation que les fonctionnaires pourraient devoir atteindre ou être encouragés à atteindre, selon les régions où ces derniers travaillent et la nature de leurs interactions avec les peuples autochtones. À titre d’exemple, une formation sur l’histoire des W8banaki, leurs droits et les traités dont ils sont signataires pourrait être offerte aux fonctionnaires travaillant au Québec ou dans l’Est du Canada, tandis qu’une formation plus ciblée comprenant des modules spécifiques à chaque nation pourrait être offerte aux fonctionnaires fédéraux travaillant dans la région des Maritimes ou avec des partenaires de cette région. Les partenaires ont insisté sur le fait que la formation relative aux traités devrait être adaptée à chaque région, en particulier pour les fonctionnaires qui vivent sur des terres visées par d’autres traités. Comme l’a souligné un partenaire, il est important que les fonctionnaires qui vivent dans une autre région du pays comprennent que le contexte propre au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Écosse est différent de celui qui prévaut dans le centre du Canada et les Prairies ou en Colombie-Britannique. De façon similaire, les fonctionnaires qui ont l’expérience des traités modernes peuvent ne pas comprendre les contextes différents dans lesquels les traités de paix et d’amitié ont été conclus il y a plusieurs siècles. Une formation sur les traités offerte par les partenaires autochtones pourrait aider à combler ces lacunes dans les connaissances.
Selon le type de travail qu’ils accomplissent, les fonctionnaires fédéraux pourraient également bénéficier d’une formation axée sur les réalités communautaires. Des partenaires ont fait remarquer que les communautés ne mettent pas toutes l’accent sur l’exercice des mêmes droits – certaines peuvent accorder une plus grande importance à l’exercice des droits de pêche, alors que d’autres peuvent axer leurs efforts sur la foresterie. D’autres, encore, peuvent prioriser l’exercice de leur droit à l’autodétermination par le développement économique et l’autosuffisance. Ces différences devraient être prises en compte dans le cadre du travail qui est accompli par le gouvernement fédéral dans une région donnée.
La vérité sur les relations entre les peuples autochtones et la Couronne
Les partenaires autochtones ont été nombreux à insister sur le fait que la vérité constitue une condition préalable à l’apprentissage. Pour comprendre l’histoire et les réalités des peuples autochtones du Canada, les fonctionnaires doivent connaître la vérité sur le passé colonial du Canada, notamment en ce qui concerne les origines et les objectifs de la Loi sur les Indiens, les pensionnats et les externats indiens, la prise en charge des enfants autochtones par les services à l’enfance et à la famille, et bien d’autres sujets. Bon nombre des histoires et expériences vécues par les peuples autochtones sont reconnues dans le préambule de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies, mais il reste encore beaucoup à faire pour faire jaillir la vérité et permettre aux fonctionnaires d’acquérir une connaissance plus approfondie de l’histoire coloniale du Canada. Comme pour toute formation, il est important de donner des exemples et de relater des faits concrets pour que les gens puissent comprendre qu’il s’agit bien de quelque chose de réel. Certains partenaires ont donné l’exemple de la réinstallation forcée des Inuits qui visait à altérer leur culture et leur mode de vie et à faciliter ainsi leur assimilation.
Lois autochtones et gouvernance autochtone
Selon les partenaires autochtones, il est important que les fonctionnaires aient conscience que les structures de gouvernance et les façons de faire varient d’une région et d’une communauté à l’autre lorsqu’il est question de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies ou du Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies. Plusieurs partenaires autochtones ont indiqué que des approches tenant compte des particularités régionales permettraient d’assurer plus efficacement la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies et qu’une optique régionale devrait également être appliquée à la formation et aux approches en matière de formation. Bien qu’ils reconnaissent que le fait de devoir composer avec différentes approches pourrait compliquer et ralentir les choses, ils sont d’avis qu’au final, cela mènera à une collaboration plus soutenue et à une reconnaissance plus appropriée des droits, en conformité avec l’esprit de la Déclaration des Nations Unies. À titre d’exemple, 11 ententes sur l’autonomie gouvernementale ont été conclues avec des Premières Nations du Yukon. Il n’est pas rare que les Premières Nations du Yukon aient à se repositionner par rapport à une approche nationale qui est appliquée à l’ensemble des Premières Nations. Souvent, ils ne sont pas mobilisés assez tôt pour exercer une influence sur les initiatives du gouvernement fédéral, ce qui engendre des conflits et érode la confiance.
Quelques partenaires autochtones ont fait valoir que les connaissances autochtones doivent être mieux comprises, notamment par l’application d’une approche à double perspective. Les formations visant à favoriser une meilleure compréhension des connaissances autochtones devraient être mentionnées parmi les formations offertes aux décideurs au même titre que celles fondées sur la science occidentale. Des partenaires ont en outre souligné que les connaissances autochtones sont souvent liées à la terre et à des lieux précis et que, par conséquent, des approches régionales devraient également être appliquées à l’égard des connaissances autochtones.
Cultures et modes de vie autochtones
[Traduction]
« La chose la plus efficace que le gouvernement du Canada pourrait faire pour éliminer la violence, le racisme et la discrimination envers les Autochtones serait de soutenir l’éducation, notamment en finançant des formations antiracisme pour les non-Autochtones, comme des formations en compétence culturelle. »Un participant au programme d’Indigenous Youth Roots
De nombreux partenaires autochtones ont souligné la nécessité que les fonctionnaires comprennent les cultures et les traditions autochtones, mentionnant que des formations sur ce sujet pourraient leur être offertes directement par des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Certains partenaires ont également mentionné l’importance de comprendre qui sont les Métis, car la formation et le développement des communautés varient.
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