Mesure Priorités partagées 18
Nous sommes conscients que des partenaires et des organisations autochtones accomplissent déjà un travail d’éducation et de formation sur la Déclaration des Nations Unies et la Loi sur la Déclaration des Nations Unies à l’extérieur du gouvernement fédéral, et nous leur en sommes reconnaissants. Une liste non exhaustive de documents publiquement accessibles portant sur la Déclaration des Nations Unies et la Loi sur la Déclaration des Nations Unies est fournie à titre de référence à l’Annexe B du présent rapport.
À titre d’exemple, de 2022 à 2024, Indigenous Youth Roots a mené diverses activités de mobilisation auprès des jeunes autochtones. Ces activités visaient à aborder la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies et du Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies à travers différents sujets qui parlent aux jeunes. En décembre 2022, à l’occasion d’un hackaton sur les politiques axés sur le Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies, une équipe s’est penchée sur la nécessité d’accroître les connaissances des Canadiens non autochtones, attribuant le racisme et la discrimination envers les Autochtones à un manque d’expertise et de connaissances en lien avec les enjeux autochtones aux niveaux local, provincial et fédéral. Cette équipe a recommandé d’élaborer une stratégie nationale qui permettrait aux peuples autochtones de partager leurs connaissances et de nouer des relations. Cette stratégie comprendrait la création d’un conseil consultatif constitué de représentants de toutes les régions, l’octroi de subventions aux organismes et aux établissements d’enseignement participants, ainsi qu’une collaboration avec le système d’éducation publique, des fonctionnaires et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
D’autres partenaires autochtones ont souligné que les non-Autochtones connaissent peu ou comprennent mal les droits des Autochtones et que cette méconnaissance entraîne des conflits dans les collectivités, notamment en ce qui concerne les droits de chasse et de pêche et les droits issus de traités. Les peuples autochtones veulent aussi que les gens sachent que leurs droits ne se limitent pas aux droits ancestraux, comme la pêche et la chasse, qu’ils prennent le contrôle de leur participation à la prise de décisions et qu’ils ont le droit d’assurer leur développement économique. Certains partenaires ont fait remarquer que la plupart des membres du public n’ont pas conscience des luttes quotidiennes que doivent mener les peuples autochtones et du racisme systémique dont ils font l’objet, ni du fait que, partout au Canada, les règles sont appliquées de manière différente aux peuples autochtones. Bon nombre de partenaires autochtones estiment que les nouveaux arrivants au Canada constituent un groupe clé à sensibiliser et étaient soucieux de savoir quel genre de matériel est transmis aux nouveaux arrivants au sujet des peuples et des questions autochtones. Ils ont insisté sur l’importance que les peuples autochtones puissent contribuer à ce matériel et que ce matériel soit fondé sur les savoirs autochtones. L’Assemblée des Premières Nations a indiqué qu’elle avait travaillé sur un projet connexe avec IRCC par le passé.
Les enfants et les jeunes ont une formidable capacité d’apprentissage. Dans cette optique les partenaires ont recommandé de veiller à ce que le matériel qui leur est destiné soit aussi amusant, percutant et mémorable que possible, sans être traumatisant. Des communautés autochtones ont indiqué qu’elles souhaitaient adapter le matériel à leur propre communauté, et certaines l’ont fait. À titre d’exemple, la Nation Anishinabek a conçu un livre sur la Déclaration des Nations Unies pour les enfants.
Les partenaires ont salué les efforts déployés par les établissements d’enseignement postsecondaire qui ont rendu les crédits en histoire autochtone obligatoires pour l’obtention du diplôme. Ils ont également fait valoir que la meilleure approche serait d’intégrer l’histoire et les réalités autochtones dans le programme d’enseignement général. Certains ont mentionné que les efforts déployés à ce jour ont été axés surtout sur les Appels à l’action de la CVR plutôt que sur la Déclaration des Nations Unies et que, si l’on souhaitait mettre davantage l’accent sur la Déclaration des Nations Unies et les droits qu’elle garantit, une réflexion plus introspective sur les obligations qui incombent aux directions des universités serait de mise. Tout en reconnaissant que bon nombre d’universités ont déjà élaboré des programmes et du matériel de formation approfondis sur les droits des AutochtonesNote de bas de page 4, certains partenaires ont souligné qu’il serait bon qu’une formation sur la Déclaration des Nations Unies soit offerte dans toutes les universités tant aux étudiants qu’aux professeurs et au personnel administratif, afin d’amener ces derniers à s’interroger sur ce que la Déclaration des Nations Unies signifie pour eux et pour leur institution. Un partenaire a évoqué les questions liées à l’identité qui se posent au moment de l’embauche et de l’octroi de boursesNote de bas de page 5. Un partenaire autochtone a recommandé de veiller à ce que les initiatives éducatives liées à la mesure PP18 abordent la question de l’identité autochtone dans une optique qui va au-delà de la Loi sur les Indiens et des cadres axés sur le territoire.
Certains partenaires ont souligné l’importance d’utiliser des moyens de communication adaptés aux différents publics cibles. Quelles informations faut-il présenter aux visiteurs des musées? Quels genres et quelles quantités d’informations conviennent pour les enfants et les jeunes de différents âges? Comment faire en sorte que les gens retiennent les points clés lorsqu’on leur présente des sujets complexes et multidimensionnels?
Des jeunes autochtones ont mentionné que la diffusion des connaissances est essentielle. Les programmes de sensibilisation et d’éducation devraient mettre à profit les technologies et les médias sociaux pour sensibiliser la population canadienne aux droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies, aux histoires et aux réalités autochtones, aux impacts de la colonisation, et au racisme et à la discrimination systémiques que subissent les peuples autochtones. Les documents utilisés pour sensibiliser et mobiliser devraient être rédigés dans un langage simple afin que tous puissent participer à la conversation et suivre les progrès réalisés, indépendamment de leurs antécédents personnels et professionnels et de leur niveau de scolarité.
Quelques partenaires autochtones ont mentionné qu’une meilleure compréhension des droits et des réalités autochtones par le grand public et une augmentation des représentations positives des peuples autochtones dans les médias constitueraient de bons indicateurs de la réussite de la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies au Canada.
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