Introduction
La McCreary Centre Society a été mandatée par la Division de la justice pour les jeunes et les Autochtones du ministère de la Justice Canada pour mener des entrevues auprès d’un échantillon diversifié de jeunes qui ont eu des démêlés directs avec le système de justice pénale canadien. Le projet avait pour but de mieux comprendre les besoins et les défis particuliers auxquels sont confrontés les jeunes adultes (de 18 à 25 ans) au sein du système de justice pénale.
Les jeunes ont été invités à cerner les principaux défis auxquels les jeunes adultes sont confrontés lorsqu’ils interagissent avec le système de justice canadien, et à proposer des solutions pour relever ces défis. Le projet visait également à tenir compte des besoins particuliers des jeunes adultes qui s’identifiaient comme des femmes, des Autochtones, des personnes racisées, qui avaient des problèmes de santé ou des handicaps (y compris une maladie mentale), qui provenaient de communautés rurales et qui avaient des antécédents relatifs à la protection de l’enfance.
Le projet s’est déroulé en Colombie-Britannique et a été approuvé par le comité d’éthique du ministère du Développement de l’enfance et de la famille du gouvernement de la Colombie-Britannique. Les entrevues ont été menées par téléphone, en ligne ou en personne. Chaque entrevue a suivi un scénario semi-structuré (voir l’annexe) et a été menée conformément aux pratiques exemplaires en matière d’entrevue qui tiennent compte des traumatismes. Chaque entrevue a duré entre 20 et 120 minutes.
Avant chaque entrevue, les participants ont été informés de leurs droits en tant que participants à la recherche et de la nature volontaire et anonyme du projet. On a demandé aux participants s’ils avaient des questions avant de leur demander s’ils consentaient à y participer. Il leur a été rappelé qu’ils pouvaient passer les questions auxquelles ils ne voulaient pas répondre et mettre fin à l’entrevue à tout moment.
Objectifs
La principale question à laquelle le projet visait à répondre était la suivante : Quels sont les principaux défis auxquels les jeunes adultes sont confrontés et quels sont leurs besoins particuliers lorsqu’ils interagissent avec le système de justice canadien?
Cette question a été subdivisée davantage en sous-questions plus précises, à savoir :
- Quels sont les principaux besoins ou enjeux en matière de programmes? Quelles sont les solutions possibles?
- Quels sont les principaux besoins ou enjeux législatifs? Quelles sont les solutions possibles?
- Existe-t-il des considérations propres aux besoins des jeunes adultes qui sont des femmes, des Autochtones ou des personnes racisées, qui souffrent d’une maladie mentale ou qui ont été pris en charge par le système de protection de l’enfance, entre autres?
- Quels sont les points à prendre en considération dans le contexte des dernières recherches sur le développement du cerveau des jeunes adultes?
Participants
Un total de 47 jeunes ont participé à ce projet. Vingt-sept (27) étaient âgés de 18 à 25 ans, 7 étaient âgés de 16 ou 17 ans et 13 étaient à la fin de la vingtaine. Parmi les 47 participants à l’étude, 11 se sont identifiées comme des femmes, 21 étaient des Autochtones, 13 se sont identifiés comme des membres d’un autre groupe racisé, 5 étaient des membres d’une minorité sexuelle (la plupart d’entre eux se sont identifiés comme bisexuels) et 20 avaient été pris en charge par le gouvernement (autres qu’un centre de détention pour jeunes).
Les démêlés des participants avec le système de justice variaient. Par exemple, 30 avaient purgé une peine d’emprisonnement dans un établissement pour adultes, 24 avaient purgé une peine d’emprisonnement dans un établissement pour jeunes délinquants et 13 avaient purgé une peine d’emprisonnement dans un établissement pour jeunes délinquants et dans un établissement pour adultes. Des citations de jeunes qui ont participé à ce projet sont présentées dans le rapport.
Dans le présent rapport, l’expression jeunes adultes est utilisée pour désigner plus particulièrement les jeunes âgés de 18 à 25 ans. Le terme jeunes est utilisé pour désigner tous les participants au projet qui avaient de 16 à 29 ans.
Limites
De nombreux participants à ce projet ont indiqué que les défis auxquels sont confrontés les jeunes adultes dans le système de justice sont souvent plus vastes que ce qui peut être réglé uniquement par le système de justice pénale. Ils ont souligné la nécessité d’améliorer le soutien offert aux enfants et aux jeunes qui risquent d’avoir des démêlés avec le système de justice. En adoptant une approche en amont qui ferait en sorte que les enfants et les jeunes « à risque » aient accès à des activités intéressantes, à des adultes qui les soutiennent et à des modèles sains, la probabilité que les jeunes adultes aient des démêlés avec le système de justice serait réduite. De même, un soutien précoce pour les problèmes de santé mentale et de toxicomanie pourrait aider les jeunes à éviter plus tard les démêlés avec le système de justice. La validité de ces commentaires est pleinement reconnue. Toutefois, le présent rapport se limite à examiner les mesures qui peuvent être nécessaires une fois qu’un jeune a eu des démêlés avec le système de justice pénale.
Une deuxième limite du projet était que les entrevues avec les jeunes adultes qui étaient actuellement incarcérés devaient se limiter à la période pendant laquelle ils étaient autorisés à utiliser le téléphone de l’établissement. Les appels avec les jeunes adultes incarcérés ont aussi parfois été abruptement interrompus ou reportés en raison du confinement de l’établissement.
Une troisième limite est que, même si cinq participants à ce projet s’identifient comme membre d’une minorité sexuelle, aucun n’a choisi de discuter des défis et des solutions possibles pour les jeunes adultes appartenant à une minorité sexuelle au sein du système de justice pénale. On ne sait pas si cela est attribuable à une préoccupation quant à la confidentialité (par exemple, si le participant appelait d’un centre de détention) ou pour d’autres raisons.
La dernière limite à souligner était qu’en raison de l’échéancier du projet (automne 2022), de nombreux jeunes se souvenaient peut-être d’expériences qu’ils avaient vécues au plus fort de la pandémie de COVID-19, alors que les restrictions en matière de santé publique étaient les plus strictes. Par exemple, cela peut avoir influencé leur perception quant aux programmes offerts au sein du système de justice.
Malgré les limites du projet, les jeunes semblaient réellement souhaiter participer, ont discuté ouvertement de leurs expériences et ont fait part de leurs idées et de leurs points de vue sur les changements qui pourraient être nécessaires.
[Traduction]
« Merci d’avoir sollicité nos opinions. Je souhaite simplement rendre [les centres correctionnels pour adultes] meilleurs pour la prochaine génération. Je veux faire ma part pour que ce soit ce dont j’avais besoin ».
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