Résumé
Ce projet visait à mieux comprendre les besoins et les défis particuliers auxquels sont confrontés les jeunes adultes (de 18 à 25 ans) au sein du système de justice pénale. Pour atteindre cet objectif, 47 jeunes ayant eu des démêlés avec le système de justice pénale ont été interrogés au sujet de leur expérience et des moyens de mieux les servir.
Les expériences et les points de vue des jeunes qui ont participé à ce projet semblent correspondre aux connaissances actuelles sur le développement du cerveau, y compris leur affirmation selon laquelle le début de l’âge adulte est une période de développement distincte où les jeunes ont besoin de mesures de soutien adapté. Ces mesures de soutien devraient comprendre des possibilités de développer des compétences professionnelles, des aptitudes à la vie quotidienne et des aptitudes sociales, ainsi que d’établir des relations prosociales et de participer à des activités prosociales.
Conformément aux connaissances actuelles sur le développement du cerveau, les jeunes ont décrit les effets négatifs des traumatismes passés, ainsi que du stress, de l’ennui et de l’isolement. Les jeunes adultes qui avaient vécu du stress, de l’ennui et de l’isolement pendant qu’ils purgeaient une peine d’emprisonnement (surtout pendant la pandémie) et pendant qu’ils étaient en détention provisoire faisaient partie de ceux qui demandent plus de possibilités de participer aux programmes pendant leur détention.
Dans l’ensemble, les jeunes adultes étaient généralement reconnaissants des programmes qui leur sont offerts en établissement et dans le cadre de programmes communautaires. Toutefois, ils ont formulé un certain nombre de propositions visant à rendre les programmes plus pertinents pour les jeunes adultes, y compris en mettant l’accent sur le renforcement des compétences et de l’expérience professionnelles; ainsi que sur les possibilités de développer des aptitudes à la vie quotidienne, de s’attaquer aux causes profondes de leur comportement délinquant et de participer à des activités récréatives et sociales adaptées à l’âge.
En plus de leurs propositions pour un meilleur accès à des programmes qui tiennent compte de leur stade de développement, les jeunes ont indiqué un certain nombre de modifications législatives qu’ils estimaient nécessaires pour mieux soutenir les personnes âgées de 18 à 25 ans au sein du système de justice pénale. Il s’agit notamment de réduire les délais de traitement des affaires judiciaires, de s’assurer que les jeunes adultes peuvent comprendre les exigences législatives qui leur sont imposées et qu’ils sont en mesure de s’y conformer, de les séparer des détenus plus âgés en détention, de fournir un avocat pour aider les jeunes adultes dans le cadre du système et lorsqu’ils réintègrent la collectivité et d’appliquer les mêmes normes pour sceller ou détruire le casier judiciaire d’un jeune adulte que celles appliquées à un jeune.
Les jeunes issus de populations vulnérables et marginalisées estimaient qu’une surveillance communautaire, une formation et une responsabilisation accrues permettraient de réduire le nombre de personnes âgées de 18 à 25 ans qui ont eu des démêlés avec le système de justice pénale, tout comme des mesures de soutien et des services accrus pour les jeunes qui ne sont plus pris en charge par le gouvernement. Ils estimaient également que les jeunes adultes qui ont effectivement eu des démêlés avec le système de justice pénale seraient mieux servis par l’instauration de services spécialisés et adaptés à la culture et par l’offre de réelles possibilités pour les jeunes adultes de participer à leur culture.
Malgré le racisme dont les jeunes Autochtones sont victimes dans d’autres parties du système de justice pénale (p. ex., dans le système judiciaire), ceux qui ont purgé une peine d’emprisonnement étaient généralement reconnaissants des programmes culturels qui leur étaient offerts dans les centres de détention pour jeunes délinquants et pour adultes. Les jeunes non autochtones ont également indiqué être reconnaissants de la possibilité d’en apprendre davantage sur la culture autochtone pendant leur incarcération.
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