Le Sondage national sur la justice de 2008 : le Système de justice pour les jeunes au Canada et la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
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- 3.1 Connaissance de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
- 3.2 Confiance accordée au système de justice pénale pour les adolescents
- 3.3 Criminalité juvénile au Canada
3. Résultats
3.1 Connaissance de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
Les répondants devaient indiquer leur degré de connaissance de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) sur une échelle de dix points où un représente « pas du tout familier » et dix représente « très familier ». Pour présenter les données, nous avons groupé les échelles de dix points du sondage de manière à obtenir trois niveaux : faible (1, 2, 3), modérée (4, 5, 6, 7) et élevée (8, 9, 10). En général, la connaissance de la LSJPA au sein de la population est relativement faible au Canada. Environ un répondant sur dix (9 %) dit bien connaître la LSJPA tandis que 43 % des répondants indiquent une connaissance modérée et près de la moitié (48 %), une faible connaissance.
Les répondants devaient aussi indiquer leur principale source d'information sur le système de justice pénale pour les adolescents au Canada (voir la figure 1). Plus de la moitié d'entre eux (59 %) se fient principalement aux journaux, aux magazines ou aux reportages à la télévision ou à la radio. Très peu (8 %) se fondent sur des sources plus spécialisées, par exemple des cours universitaires, des rapports gouvernementaux ou des livres, et encore moins sont instruits par une expérience personnelle (5 %).
Figure 1 : Principale source d'information sur le système de justice pénale pour les jeunes
[Longue description de la Figure 1]
La connaissance de la LSJPA varie considérablement en fonction de la provenance de l'information sur le système de justice pour les jeunes. Par exemple, le tiers de ceux qui sont instruits par une expérience personnelle (33%) et le quart de ceux qui consultent de nombreuses sources spécialisées (24 %) indiquent un niveau de connaissances élevé de la LSJPA.
3.2 Confiance accordée au système de justice pénale pour les adolescents
Figure 2 : Confiance accordée à des services publics particuliers au Canada
[Longue description de la Figure 2]
Lorsqu'on a demandé aux répondants la confiance qu'ils accordent à des services publics précis au Canada, le système scolaire s'est classé au sommet de l'échelle de confiance, et le système de justice pénale pour les adolescents à la base (voir la figure 2). Seulement 7 % des répondants accordent une confiance élevée au système de justice pour les jeunes, contre 26 % pour le système scolaire public. Le pourcentage des répondants ayant une confiance élevée à l'égard du système de protection de l'enfance (12 %), du système de justice pour adultes (12 %) et du système de santé mentale (10 %) est relativement similaire.
Des questions additionnelles sur chaque composante visaient à obtenir une idée générale de la confiance que le public accorde à la police, aux tribunaux pour adolescents et aux services correctionnels pour les jeunes à l'égard de leur capacité à s'acquitter de responsabilités particulières. Les répondants se montrent plus confiants dans la capacité des corps policiers à repérer et arrêter des jeunes qu'à prévenir la délinquance juvénile (voir la figure 3). De même, ils témoignent une plus grande confiance à l'égard de la capacité des tribunaux pour adolescents à statuer sur la culpabilité qu'à leur capacité à déterminer les peines appropriées. En fait, près de quatre répondants sur dix (37 %) font peu confiance à la capacité des tribunaux de « prononcer la bonne sentence
».
Figure 3 : Confiance à l'égard des corps policiers et des tribunaux pour adolescents
CORPS POLICIERS
TRIBUNAUX POUR ADOLESCENTS
[Longue description de la Figure 3]
En ce qui a trait au système correctionnel pour adolescents, lequel inclut les prisons pour les jeunes et les services correctionnels communautaires – tels lesfoyers de groupe en détention ouverte et la probation –, les répondants se sont montrés peu confiants, particulièrement dans la capacité de ce système à réadapter les délinquants. Par exemple, 6 % seulement des répondants sont très confiants dans la capacité des prisons pour les jeunes à réadapter les délinquants et 7 % dans la capacité des services correctionnels communautaires à s'acquitter de cette tâche (voir la figure 4). Seulement environ un répondant sur dix est très confiant dans la capacité du système de prison à surveiller les jeunes dans les prisons (11 %) et dans la collectivité (8 %).
Figure 4 : Confiance à l'égard du système correctionnel pour les jeunes (prisons et services correctionnels communautaires)
SERVICES COMMUNAUTAIRES
PRISONS
[Longue description de la Figure 4]
Pour comprendre les effets relatifs de l'expérience du système de justice pénale sur certaines réponses, nous avons demandé aux répondants d'indiquer s'ils avaient été, au cours des cinq dernières années, un accusé, un parent d'un accusé, un témoin, un juré ou une victime ou s'ils avaient travaillé à quelque titre que ce soit au sein du système de justice. Le tableau 3 montre qu'environ 16 % des répondants ont eu au moins un contact avec le système de justice au cours des cinq dernières années, principalement à titre de victime, de témoin ou de parent d'un adolescent accusé d'un acte criminel.
| Contact avec le système de justice pénale | N (%) |
|---|---|
| Victime de criminalité juvénile | 436 (6 %) |
| Témoin d'un acte de criminalité juvénile | 390 (6 %) |
| Parent d'un jeune accusé | 331 (5 %) |
| Professionnel travaillant dans le système de justice pour les jeunes | 177 (3 %) |
| Jeune accusé | 93 (1 %) |
| Juré au procès d'un adolescent | 44 (1 %) |
| Toute expérience confondue | 1 109 (16 %) |
Ces catégories ne sont pas mutuellement exclusives puisque les répondants pouvaient choisir plusieurs catégories.
3.3 Criminalité juvénile au Canada
Pour examiner les impressions des Canadiens, nous avons posé aux répondants une série de questions sur certains facteurs pouvant avoir une incidence sur la criminalité juvénile. Tel que l'indique la figure 5, les trois principaux facteurs qui joueraient un « rôle important » dans la délinquance juvénile, selon les répondants, sont les drogues illicites (71 %), les gangs de jeunes (71 %) et un milieu familial néfaste (65 %).
Figure 5 : Pourcentage des répondants ayant indiqué que les facteurs suivants jouent un « rôle important » dans la criminalité juvénile
[Longue description de la figure 5]
Plus de la moitié des répondants sont d'avis que les faibles conséquences imposées par le système de justice (56 %) et la pauvreté (54%) jouent un rôle important dans la criminalité chez les jeunes, tandis qu'exactement la moitié (50 %) estiment que les quartiers problèmes sont un facteur important. Enfin, un tiers (33%) des répondants pensent que la santé mentale joue un rôle important.
Les répondants devaient de plus juger de la responsabilité qu'assument des groupes ou des institutions à l'égard de la prévention de la criminalité juvénile. La figure 6 illustre la proportion des répondants ayant indiqué un degré élevé de responsabilité pour chaque catégorie. En général, la plupart des répondants estiment que les parents (88 %) et, dans une moindre mesure, les adolescents eux-mêmes (77 %) ont un degré élevé de responsabilité. Le système de justice, notamment les lois (68 %), les tribunaux (59 %), les services policiers (56 %) et le système correctionnel (55 %) sont modérément responsables sous ce rapport. Les programmes sociaux (50 %), le système scolaire (43 %) et les institutions religieuses (24 %) auraient un degré de responsabilité moins élevé à l'égard de la prévention de la criminalité juvénile.
Figure 6 : Pourcentage des répondants qui indiquent que les composantes suivantes ont un « degré élevé de responsabilité » à l'égard de la prévention de la criminalité juvénile
[Longue description de la figure 6]
Pour évaluer le niveau perçu de criminalité juvénile au Canada, le sondage posait des questions sur les tendances de la criminalité au cours des cinq années précédentes. Une forte impression s'est dégagée des réponses des personnes interrogées : la criminalité chez les jeunes en général et le nombre de tous les types de criminalité juvénile (p. ex. les crimes avec violence, les infractions contre les biens et les crimes liés à la drogue) auraient augmenté au cours des cinq dernières années (voir la figure 7). En fait, seulement une petite minorité de répondants (5 %) sont d'avis que la délinquance juvénile en général, de même que le nombre d'infractions contre les biens – tels l'introduction par effraction et le vol –, de crimes avec violence – notamment les voies de fait, le vol qualifié et le meurtre – et de crimes liés à la drogue – tels le trafic et la possession – ont diminué durant les cinq dernières années. Environ huit répondants sur dix (81 %) pensent également que, durant cette même période, la participation à des gangs de jeunes a augmenté.
Figure 7 : Changement perçu dans l'ensemble et pour certains types de criminalité juvénile au cours des cinq dernières années
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