GROUPES DE RÉFLEXION SUR DES QUESTIONS DE DROIT DE LA FAMILLE RELIÉES À LA GARDE ET AU DROIT DE VISITE DES ENFANTS

PRINCIPALES CONCLUSIONS (suite)

DÉFINIR LE MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT

Les participants ont reçu des documents contenant l'information et les directives suivantes :

QUESTION : COMMENT LA LOI PEUT-ELLE DÉTERMINER CE QUI EST DANS LE « MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT »?

Situation actuelle

À l'heure actuelle, la Loi sur le divorce, prévoit que les juges doivent tenir compte du « meilleur intérêt des enfants » lorsqu'ils prennent des décisions au sujet des ententes parentales à l'issue du divorce.  De plus, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant prévoit que le meilleur intérêt de l'enfant est la principale considération dont il convient de tenir compte dans toutes les mesures prises concernant les enfants.  Par conséquent, les juges peuvent décider avec qui les enfants vivront et qui prendra les décisions importantes au sujet de leur santé, de leur éducation, etc.

Toutefois, la Loi sur le divorce ne prévoit pas les critères sur lesquels les juges doivent faire reposer leurs décisions concernant ce qui est dans le meilleur intérêt de l'enfant.

Ce que nous vous demandons de faire

La page suivante donne une liste des critères sur lesquels les juges pourraient faire reposer leurs décisions.  Veuillez tout d'abord lire la liste des critères applicables pour déterminer le « meilleur intérêt de l'enfant ».

Ensuite, pourriez-vous nous indiquer quels devraient être, à votre avis, les critères :

  1. les plus importants sur lesquels les juges pourraient faire reposer leurs décisions au sujet    des ententes parentales
  2. assez importants  
  3. moins importants, par rapport aux autres critères

Vous devez placer ces 15 critères dans l'une des 3 catégories mentionnées ci-dessus, et vous devez placer les 5 critères dans chacune des catégories.

Critères
  1. L'occasion pour l'enfant de maintenir une relation solide et stable avec les deux parents
  2. L'occasion pour l'enfant de maintenir une relation solide et stable avec les autres membres de sa famille
  3. L'opinion et les souhaits exprimés par l'enfant
  4. La capacité du ou des parents de guider l'enfant, de lui donner une éducation et de combler ses besoins fondamentaux et ses autres besoins spéciaux
  5. Les antécédents culturels et religieux de l'enfant
  6. La capacité des parents à collaborer et à communiquer au sujet des questions importantes ayant trait à l'enfant
  7. La capacité de l'enfant à s'adapter à l'entente parentale
  8. La volonté de chaque parent de favoriser une relation étroite entre l'enfant et l'autre parent
  9. Des antécédents prouvés de violence familiale
  10. Veiller à ce qu'il n'y ait aucune préférence pour l'un des parents en raison de son sexe
  11. La qualité de la relation entre l'enfant et le ou les parents
  12. Les ententes qui favorisent la croissance émotionnelle de l'enfant, sa santé, sa stabilité et ses soins physiques à chaque étape de son développement
  13. Protéger l'enfant des conflits constants entre ses parents
  14. La personnalité, le caractère et les besoins émotionnels de l'enfant
  15. Le rôle de dispensateur de soins exercé par chaque parent avant l'éclatement de la famille

Avant d'aborder le classement des critères, on a posé les questions suivantes aux participants :

Nous allons traiter en premier des réponses des participants à ces deux questions.

LE MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT EST-IL UN CRITÈRE RAISONNABLE?

Tout les participants ont convenu que le meilleur intérêt de l'enfant est un critère raisonnable pour fixer les conditions des ententes de garde car :

CRAIGNEZ-VOUS QUE LE MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT SOIT LE SEUL CRITÈRE DONT LES TRIBUNAUX TIENNENT COMPTE POUR FIXER LES CONDITIONS D'ENTENTES PARENTALES?

Personne n'a exprimé spontanément de préoccupations au sujet de l'application de ce principe par les juges et les tribunaux.  Tous les participants ont convenu que les besoins de l'enfant doivent primer en cas de rupture d'un mariage et lorsque les parents ne peuvent pas s'entendre, même si ces parents ont le meilleur intérêt de l'enfant à cœur.

En insistant, quelques participants ont exprimé des préoccupations sur le fait que les besoins des parents sont secondaires.  Mais il est dans le meilleur intérêt des enfants que les tribunaux tiennent compte de l'incidence des décisions sur la mère et sur le père, ainsi que sur les autres membres de la famille.

CRITÈRES APPLICABLES À LA DÉTERMINATION DU MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT

Le tableau suivant présente les critères par ordre d'importance tels que les participants les ont classés.  Il est à noter que le choix des cinq critères les plus importants est le même pour les hommes et pour les femmes.

Critères Classement
12. Les ententes qui favorisent la croissance émotionnelle de l'enfant, sa santé, sa stabilité et ses soins physiques à chaque étape de son développement 1
9. Des antécédents prouvés de violence familiale 2
1. L'occasion pour l'enfant de maintenir une relation solide et stable avec les deux parents 3
4. La capacité du ou des parents à guider l'enfant, à lui donner une éducation et à combler ses besoins fondamentaux et ses autres besoins spéciaux 4
6. La capacité des parents à collaborer et à communiquer au sujet des questions importantes ayant trait à l'enfant 5
14. La personnalité, le caractère et les besoins émotionnels de l'enfant 6
13. Protéger l'enfant des conflits constants entre ses parents 7
11. La qualité de la relation entre l'enfant et le ou les parents 8
8. La volonté de chaque parent de favoriser une relation étroite entre l'enfant et l'autre parent 9
3. L'opinion et les souhaits exprimés par l'enfant 10
2. L'occasion pour l'enfant de maintenir une relation solide et stable avec les autres membres de sa famille 11
7. La capacité de l'enfant à s'adapter à l'entente parentale 12
10. Veiller à ce qu'il n'y ait aucune préférence pour l'un des parents en raison de son sexe 13
15. Le rôle de dispensateur de soins exercé par chaque parent avant l'éclatement de la famille 14
5. Les antécédents culturels et religieux de l'enfant 15

Avant d'aborder chaque critère en détail, voici quelques observations générales sur le classement.

Premièrement, bon nombre des participants ont dit qu'ils avaient de la difficulté à attribuer différents niveaux d'importance aux critères car ils ont estimé que les 15 critères sont importants lors de la prise de décisions sur les ententes parentales.

La liste comprend différents types de critères - certains ont un sens large et général, tandis que d'autres sont plus précis et concernent uniquement un ou deux aspects d'une question reliée aux ententes parentales ou aux enfants.  En général, les participants ont dit avoir tendance à donner plus d'importance aux critères plus larges qu'aux critères plus spécifiques car ces derniers sont déjà compris dans le critère le plus large sans qu'il ne soit précisé.  Ce raisonnement a fait baisser le classement des critères plus précis dans chaque cas.

Voici des exemples de liens entre les différents critères.

Les participants ont jugé que les critères nos  12 et 4 sont complémentaires et qu'ils vont de pair même s'ils traitent de deux aspects un peu différents des responsabilités parentales que nous aborderons plus en détail plus loin dans ce chapitre.  En général, les participants ont estimé que les ententes parentales doivent montrer en premier lieu que ce qu'ils proposent pour l'enfant tient compte de tous les aspects de sa vie aujourd'hui et à l'avenir (critère no12) et comment ils entendent mettre cette entente en pratique (critère no 4).

Deux critères traitent du sexe des parents : le premier de façon explicite (le critère no 10) et le deuxième de façon implicite (le critère no 15).  Les deux critères se sont classés parmi les critères les moins importants : le critère no 10 s'est classé treizième et le critère no 15 s'est classé quatorzième.

Ce classement dissimule le fait que la plupart des participants avaient de fortes opinions sur ces deux critères et sur le rôle que chacun devrait ou ne devrait pas jouer dans la prise de décisions sur les ententes parentales.

En fait, les participants ont insisté sur le fait que le préjugé en faveur des femmes en ce qui concerne les ententes parentales doit être éliminé.  Ils ont expliqué le classement plus bas de ce critère de la façon suivante : beaucoup ont classé les critères nos 12 et 4, qui portent sur les ententes parentales et la capacité des parents à les appliquer, parmi les plus importants.  Ces deux critères établissent des règles du jeu équitables et éliminent la présomption qu'un parent est meilleur que l'autre en fonction de son sexe ou du rôle qu'il a joué dans le passé.

LES CRITÈRES INDIVIDUELS POUR DÉTERMINER LE MEILLEUR INTÉRÊT DE L'ENFANT

Nous allons maintenant traiter de chaque critère dans l'ordre de classement en insistant sur les points suivants :