Évaluation de l’Initiative de justice pour les jeunes
3 Méthodologie de l’évaluation
La mise en Å“uvre de l’évaluation a été guidée par une matrice d’évaluation (questions d’évaluation, indicateurs et sources de données) qui a été élaborée au cours du processus d’orientation de l’évaluation et peaufinée ultérieurement avec le Groupe de travail sur l’évaluation.
3.1 Sources des données
La méthodologie utilisée pour cette évaluation comprenait plusieurs sources de données ainsi que les méthodes de collecte de données suivantes. Une description détaillée de la méthodologie utilisée pour l’évaluation figure à l’annexe B.
- Examen de la littérature, de la documentation et des données – Un examen des sources de données secondaires pertinentes pour l’IJJ a été effectué. Les éléments examinés comprenaient ce qui suit :
- Littérature – documents évalués par les pairs et documentation parallèle concernant la justice pour les jeunes, y compris les tendances et les enjeux émergents et la recherche sur les pratiques exemplaires;
- Documents – documents de base et documents de mise en Å“uvre du programme, renseignements sur le rendement, autres études spéciales et rapports, et renseignements sur le budget financier et les dépenses;
- Données – statistiques relatives à la justice pour les jeunes publiées par le Centre canadien de la statistique juridique (CCJS) de Statistique Canada.
- Examen des dossiers – Un examen systématique des rapports annuels du PFSJJ et des demandes de financement soumises par les provinces et les territoires au ministère de la Justice du Canada a été effectué. En outre, 105 fiches d’information du PSPIR ont été examinées sur les 153 dossiers qui ont été conclus ou fermés pendant la période examinée. Les fiches d’information du PSPIR contiennent un historique et une chronologie des cas relevant de la partie B (ordonnances judiciaires) et de la partie C (cas d’exception), y compris des renseignements de base et des renseignements sur les interventions et sur les évaluations des risques.
- Entretiens avec des informateurs clés – Au total, 35 entretiens approfondis avec des informateurs clés ont été menés auprès de 39 personnes. Les groupes de personnes interrogées comprenaient : 1) des employés du ministère de la Justice du Canada (hauts fonctionnaires, gestionnaires de programmes et personnel de l’IJJ); 2) des représentants provinciaux et territoriaux; 3) d’autres intervenants (chefs de projets du FSJJ et autres intervenants externes)Note de bas de page 10.
- Étude de cas – Cinq études de cas des programmes et des services financés par le PFSJJ ont été réalisées. Ces études de cas comprenaient l’examen de documents et la collecte de données primaires (entretiens, groupes de discussion ou sondages) auprès de la direction, du personnel et des intervenants de la prestation du programme. Les études de cas ont été sélectionnées en collaboration avec des représentants provinciaux et territoriaux et comprenaient divers programmes à l’échelle du pays :
- Colombie-Britannique (Youth Forensic Psychiatric Services)
- Yukon (Youth Achievement Centre)
- Ontario (modèle de gestion de cas uniques)
- Nouvelle-Écosse (méthodes de justice réparatrice – milieu résidentiel)
- Île-du-Prince-Édouard (Community Youth Worker Program et Youth Intervention Outreach Program)
3.2 Contraintes et stratégies d’atténuation
L’évaluation comportait certaines contraintes méthodologiques qu’il convient de signaler. Premièrement, bien qu’il existe des données solides tant au niveau national qu’au niveau provincial et territorial qui indiquent que les tendances en matière de justice pour les jeunes vont dans le sens des objectifs de la LSJPA et de l’IJJ, il est difficile d’attribuer ou de quantifier de façon concluante leur contribution à ces changements à l’IJJ. Les provinces et les territoires se chargent de la mise en Å“uvre du système de justice pour les jeunes et en assument la majorité des coûts. Bien que les études de cas donnent un aperçu de la mise en Å“uvre et de l’efficacité des programmes et des services financés par l’IJJ, il est difficile de généraliser ces résultats en les attribuant aux mesures prises dans le cadre des programmes financés par le PFSJJ et le PSPIR. Pour atténuer ces contraintes, on a surtout utilisé comme stratégie une triangulation des résultats et on a fait appel à des données probantes tirées des études de cas avec des données recueillies de façon plus systématique dans les provinces et les territoires (examen des dossiers, entretiens avec des informateurs clés) pour évaluer la contribution générale de l’IJJ à la mise en Å“uvre de la LSJPA.
Deuxièmement, l’examen des dossiers et des données du programme a été entravé par des retards ou des incohérences dans les rapports. Par exemple, les provinces et les territoires n’utilisent pas de façon cohérente toutes les fiches d’information de PSPIR servant au suivi des cas de celui-ci, de sorte que bon nombre de ces cas ne faisaient pas partie de l’analyse. Ces données doivent donc être interprétées avec prudence. De plus, des données statistiques nationales ont été présentées dans le rapport lorsqu’elles étaient pertinentes. Toutefois, en raison des délais de publication de Statistique Canada, seules les données allant jusqu’à 2016-2017 étaient disponibles dans bien des cas.
Enfin, un indicateur systématiquement utilisé pour mesurer les répercussions des programmes et des services tels que ceux financés par le PFSJJ et le PSPIR est la réduction de la récidive. Bien qu’il existe des données empiriques et des études régionales sur les démêlés répétés des jeunes avec le système de justice, on disposait de peu de données empiriques sur la récidive lors de l’évaluation. Il convient également de signaler que la récidive est de plus en plus reconnue comme un indicateur permettant de mesurer les répercussions des interventions en matière de justice pour les jeunes. Des indicateurs complémentaires tels que la réduction de la gravité des actes criminels, les objectifs éducatifs et professionnels, ou le rétablissement des liens avec la famille ou la culture du délinquant ont été jugés importants si l’on veut mener des recherches à l’avenir dans ce domaine.
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